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Eric Lamoureux,
Rg Prod, Marie et valentin › dimanche 10 janvier 2010
Chaque année qui se referme correspond à autant d'albums mis dans la besace du mélomane. Notre rédaction n'échappe pas à la règle et vous propose de découvrir ses coups de coeur de 2009, véritable florilège de styles où majors, autoproduits et indépendants jouent tous dans la même cour !
L'heure du bilan est un moment toujours déstabilisant, tant l'exercice peut révéler la pauvreté ou la richesse musicale d'une année. Et puis il y a toujours l'angoisse des oublis qui se dispute avec le bonheur de retomber sur des albums que l'on n'avait pas abordés avec le recul nécessaire. Et surtout, il y a en filigrane une année de vie, des moments personnels qui se dessinent. Quelque part, faire son bilan musical de l'année écoulée, c'est autant tourner la page, décider qu'il faut aller de l'avant, que de regarder par dessus l'épaule en mettant des sons et des mots sur un an de sa vie, avec ses périodes, ses joies, ses doutes. C'est pourquoi nous préférons parler de "coups de coeur". Un article de la rédaction !
Un disque de pop sorti chez Loyauté

25 mai 2009. C'est le Blietzkrieg à la française. Alors qu'une pluie d’obus tricolores s’abat sur le Monde, Phoenix place Versailles sur la carte. Wolfgang Amadeus Phoenix, le dernier album du quatuor versaillais, est une véritable machine de guerre. Elle écrase la concurrence à coups de tubes imparables. 'Lisztomania', '1901', 'Fences', 'Rome', 'Girlfriend'... La liste est longue pour un album composé de dix titres. Il n'est pas vraiment étonnant de retrouver Wolfgang Amadeus Phoenix en 16ème position du palmarès des albums les plus scrobblés de 2009. Et puis ces garçons ont l'air tellement charmants quand ils chantent '1901' en plein Paris, comment leur résister ? Phoenix n’a qu’une recette dans son livre de cuisine mais la bande à Thomas Mars est bien trop fine pour écoeurer.
Lire notre chronique de Wolfgang Amadeus Phoenix
Voir le concert à emporter de Phoenix
Un disque de folk et de rock sorti chez Volvox

Améliorer son jeu, peaufiner son style, c'est une démarche courante - même si elle n'est pas aisée - dans la carrière d'un groupe, entre le premier et le second disque. Les musiciens d'Exsonvaldes ont non seulement adopté cette conduite pour pallier aux légers défauts de Time we spent together, ils en ont profité pour redéfinir leurs bases et s'orienter vers quelque chose de radicalement nouveau pour eux, mais en même temps d'un esprit très proche de leur compositions passées. Une voix, une guitare acoustique, la pureté d'une virginité retrouvée, la sensation d'avoir au bout des doigts la chanson parfaite, celle qui s'écoule simplement, comme une évidence. Quelque chose de beau, tout simplement.
Lire notre chronique de Near the edge of something beautiful
Ecouter Near the edge of something beautiful
Un disque de folk-rock sorti chez Green United Music

Avec son nom imprononçable, The Fitzcarraldo Sessions c'est le groupe Jack The Ripper sans leur chanteur, mais avec une multitude de talents additionnés : Dominique A, Moriarty ou Syd Matters pour ne citer qu'eux. Swing assombri, post-folk torturée, folles échappées ou rythmes angoissés, We hear voices est la petite perle folk-rock de 2009. Avec ses voix profondes ou exsangues, le désespoir trouve ici grâce à ces artistes, une bien belle illustration. A laisser tourner sur sa platine jusqu'à en user la lentille.
Lire notre chronique de We hear voices
Ecouter We hear voices
Un disque de chanson sorti chez Wagram

Au vu de la triste actualité de ce début 2010, Rentrer au port restera le dernier album de Mano Solo. Une carrière emplie d'émotions pour l'ancien punk. Des Frères Misères à cet opus, l'évolution a été à la fois textuelle et musicale; jonglant autant avec la joie et la noirceur, avec le rock et la chanson, invitant toujours l'accordéon à valser avec les mots, Mano Solo a tracé une route unique qui trouvait une nouvelle halte en 2009. Rentrer au port, dans la droite lignée d'In the garden, brille par ses compositions et sa poésie franche et rêveuse. Un album en rouge, pour la révolution, et jaune, comme l'avait dessiné l'artiste; des couleurs lumineuses pour un dernier opus qui brille parmi l'une des meilleures productions de la chanson française de l'année passée.
Lire notre chronique de Rentrer au port
Ecouter Rentrer au port
Un disque de chanson sorti chez Naive

Un brin provocateur, Benjamin Biolay s'est déclaré le premier surpris du succès critique de son dernier album, pas vraiment habitué à ce que la presse française le caresse dans le sens du poil. Sans pour autant faire le dos rond, Biolay semble en avoir fini avec les déclarations fracassantes. Il confie avoir arrêté les excès. La vodka lui a fait dire beaucoup trop de conneries. Après avoir donné, bien aidé par les médias, l'image d'un individu hautain et faraud, Biolay semble faire profil bas et opère à visage découvert. Composé et écrit au creux de la vague, La superbe prend aux tripes. James Gray pourrait s'installer derrière la caméra et se charger de son adaptation cinématographique. L'un comme l'autre sublime la noirceur. Que ce soit dans La superbe ou Two lovers, l'absence de couleur n'est jamais une entrave à la pluralité des émotions. Le noir se fond toujours dans la palette des rapports humains. En variant les contrastes, en accentuant certains traits, caméra ou stylo à la main, Benjamin Biolay et James Gray puisent dans ce qu'il y a de plus sombre et désespéré chez l'Homme pour déshabiller la vie. C'est sans doute aussi ça, la beauté du nu.
Lire notre chronique de La superbe
Regarder le clip de 'La superbe'
Un disque de musique concrète teintée de pop sorti chez Chapimusic

Ici impossible de dire qui règne en maître. Peut-être les enfants, émerveillés par les sons produits par leurs joujous quotidiens; ou bien les adultes - façon polie de désigner les grands enfants - qui bricolent des casseroles, démontent des ressorts et assemblent le tout à grand renfort d'élastiques multicolores. A moins que les jouets eux-mêmes n'aient pris le pouvoir, écrivant leur propre bande son d'un "Toy story" grandeur nature. Et pourtant, symptôme d'un monde qui manque de couleurs, où les "grandes personnes" sont trop sérieuses ou trop occupées à trafiquer les comptes des banques, la reconnaissance manque à Chapi Chapo et les petites musiques de pluie. Un petit coup de Chuchumuchu tous les matins au réveil, et les journées passeront le sourire aux lèvres.
Lire notre chronique de Chuchumuchu
Découvrez l'univers de Chapi Chapo et les petites musiques de pluie
Un disque d'électro-pop sorti chez Universal Music

C'est un fait, Emilie Simon arrive toujours à surprendre, à déstabiliser. L'auditeur, même le plus aguerri, à beau le savoir, y être préparé, l'effet de surprise reste toujours le même. C'était déjà le cas pour Végétal, la BO de La marche de l'empereur. Mais là avec The Big Machine, Emilie y va fort. Se détachant, du moins en partie, de son étiquette trip-hop à la française, elle louche sans s'en cacher du côté de Kate Bush. Et de façon plutôt réussie, à l'exemple de 'Raimbow', 'Dreamland', 'Nothing to do with you', 'The cycle'... Pour autant réussite n'est pas forcément synonyme de reconnaissance, surtout de la part des fans du début, qui semblent en effet plutôt déboussolés, si ce n'est déçus, à en croire les divers écrits pullulant le web. Il est cependant dommage de s'arrêter à cette "rupture" assumée d'Emilie Simon tellement l'album est au final plaisant à écouter, et comporte quand même quelques passerelles aux précédents albums. C'est le cas de 'Chinatown' véritable hit en puissance qui aurait eu sans problème sa place dans Végétal. Seul bémol de The Big Machine, l'attirance plus que prévisible de la chanteuse pour la langue de Shakespeare au détriment de celle de Molière.
Lire notre chronique de The big machine
Ecouter The big machine
Un disque entre chanson, rock et trip-hop sorti chez Patchrock

Stendhal avait le rouge et le noir pour symboliser les puissances de son époque, l'armée et l'église (l'éternel couple du sabre et du goupillon). Charlotte Etc, en phase avec son temps, voit la vie en rose et noir. Rose pour le romantisme, qui peine à survivre mais qui vaille que vaille conquiert encore les coeurs attentifs. Et le noir pour la morosité d'un pays où la démocratie s'éteint peu à peu, à grands coups de bling-bling et de spots télévisés orchestrés par une ultradroite libérée de toute morale. Non pas engagé pour afficher une conscience politique, mais concerné par le chemin effrayant qu'emprunte peu à peu notre société, Charlotte Etc inscrit à son palmarès un album équivalent à Nous n'avons fait que fuir et Des visages des figures de Noir Désir.
Lire notre chronique de Nous ne savons plus qui nous sommes
Lire notre entretien avec Yann et Charlotte
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Un disque d’électro sorti chez Good Citizen Factory

Cyesm est de ces compositeurs de musique électronique qui arrivent à faire parler leurs machines. Par "parler", il faut comprendre qu’il n’est pas question de se contenter uniquement d'atmosphères et ambiances, mais d’exprimer des messages, des vrais. Ce que Rough fait admirablement pour un disque d’électro. Son âpreté alliée à son mixage qui remplit l’espace lui donnent une densité rare, une vision d’un monde triturée et torturée. Avec son côté brut de décoffrage, ses sons tantôt tempétueux, tantôt angoissés, ses flirts avec le rap et ses breaks en tous genres, Rough dessine une civilisation qui s’emballe, force le trait d’une ère industrielle schizophrène et à bout de souffle. Il ne reste plus qu’à son auteur à peupler cet immense terrain de jeu, un peu comme ces friches industrielles que se partagent sans le réaliser gamins en quête de mystères et zonards qui recherchent un endroit calme et isolé pour régler leurs affaires. Un monde vaste, sans horizon, puisque nuit et nuages le bouchent.
Lire notre chronique de Rough
Lire notre entretien avec Cyesm
Ecouter Rough
Un disque de trip-hop sorti chez Anticraft

Si vous vous procurez l'album CandyCash, que TFT vous conseille grandement sans aucune fausse pudeur et quelconque copinage (mais quand c'est bon, c'est bon !), vous verrez écrit sur l'encart publicitaire "trip-hop corrosif". Sous cette accroche au final pas très significative et représentative de la palette musicale de CandyCash, se cache deux personnes distinctes et pourtant liées d'une façon quasi-fusionnelle. James Saucerfull, en véritable homme orchestre, distille différentes saveurs, passant de la douceur d'une musique dite jazzy à de l'electro d'outre-tombe. Et comme si cela n'était pas suffisant, la chanteuse Pandra assène à coup de cordes vocales traumatisantes l'auditeur déjà groggy par ce mélodieux sortilège. Comment rester en effet insensible à tant de volupté et de virtuosité. Pas convaincu ? Ecoutez juste, en première instance, 'Oracle'. Magnifique titre qui semble évoquer plusieurs tranches de vie, où la sensualité flirte avec l'âpreté. Désormais, vous ne verrez plus le trip-hop français de la même façon.
Lire notre chronique de CandyCash
Ecouter CandyCash
Un disque d'électro sorti chez K7!

En 2009, Joakim revient surfer sur les voies lactées de l'électronique. Ce producteur français, auteur de nombreux remixes fumants (écoutez la compilation My best remixes), livre là son quatrième opus sur le label K7!, peut être son meilleur, sans doute le plus cohérent. L'album s’ouvre sur 'Back to wilderness', une introduction bordélique et jouissive qui en dit long sur les intentions de Joakim, 6 minutes cryptées qui montent en puissance comme un ado feu le premier samedi du mois (RIP Clara Morgane). A l'heure de web 2.0, Clara a été contraint de se lancer dans la chanson. Faut lui dire que c’est peine perdue. Les jeunes ne payent plus. Ni pour le porno, ni pour la musique. Qu'à cela ne tienne, Joakim sort un grand album. Croisement d'influences savamment dosées, du krautrock à la pop, en passant par l'acid house, Milky ways est une belle porte d'entrée sur l'univers atypique de Joakim.
Voir le clip de Back to wilderness
Ecouter Milky ways
Un disque autoproduit de trip-hop et abstract hip-hop

Qui n'a pas entendu parler de la vague trip-hop Chinese Man ? Qui a échappé à leur première attaque avec The Groove Sessions en 2007, et à la récidive du volume 2 en 2009 ? Vous deviez avoir les yeux et les oreilles ailleurs pour louper les opus de ce collectif marseillais qui mixe à tout va pour offrir un hip-hop débridé et des plages sonores envoûtantes dans la même lignée que Wax Tailor. Aucun problème pour se laisser emporter par 'Ordinary man' (feat. White Jive"), le remix de 'Day by day' (Femi Kuti) ou encore par le lascif 'He said'. Une musique qui oscille entre minimalisme et hip-hop, et qui aura enchanté le paysage électro en 2009.
Regarder le clip de 7th Streeet
Ecouter The groove Sessions vol. 2
Un disque de rap sorti chez Skyzominus

Ah Piloophaz ! TFT aime Piloophaz, et TFT se doit un jour de couvrir la discographie de ce rappeur à part. Que ce soit avec son feu groupe La Cinquième Kolonne, par ses solos, ses diverses apparitions et innombrables projets. Car en effet, Piloophaz est quelqu'un de passionné et de prolifique. En cette fin 2009, il offre en téléchargement gratuit légal (Hadopi, si tu nous regardes !) - comme les deux précédents volumes - ce Combinaisons volume 3. Bien qu'intéressant et parfois surprenant, il reste néanmoins en dessous et moins percutant que - surtout - le 1er volume. Il est toutefois appréciable de (re)découvrir sa collaboration très réussie avec un groupe de trip-hop français Etikal Lab ('Ng1'). La voix envoûtante de Mag s'accorde à merveille avec le sentiment d'urgence que donne le MC à son couplet. Et ce genre de projet n'est pas sans rappeler, si besoin est, que Piloophaz, malgré sa discrétion légendaire sur le plan national, reste une plume de valeur et au dessus de la mêlée dans ce rap-game. Alors ne boudons pas notre plaisir. A noter, en aparté, que le MC travaille toujours sur son prochain vrai album. Patience, patience...
Piloophaz sur The French Touch
Télécharger Combinaisons volume 3
Un disque de rap sorti chez 7th Magnitude / Wagram

Presque autant cité dans les médias que le virus A-H1N1, Orelsan aura été un des syndromes de cette année 2009. D’abord présenté comme un petit blanc de campagne qui fait des blagues avec son rap, le rappeur caennais aura à peine eu le temps de toquer à la porte du succès qu’elle lui a été claquée à la gueule. Au nom de quoi ? De l’une des sainte trinité de l’époque : politiquement correct / sens du raccourci / emballement médiatique. Résultat ? On aura plus entendu parler d’une chanson vieille de trois ans et sans grand autre intérêt que son mauvais goût (la bien nommée 'Sale pute') que d’un album qui disait pourtant des choses. Car derrière l’humour gras et les situations tragi-comiques que renferme Perdu d’avance, il y est question d’une candeur souillée et chiffonnée, celle de tout un pan d’une génération qui ne vit que pour une satisfaction immédiate sans pour autant comprendre grand-chose au présent. Sans être l’œuvre d’un grand rappeur, ce disque montre à quel point ce qui hier était un repère devient aujourd’hui des pointillés. Avec deux morceaux confessions au-dessus du lot, une réalisation musicale entre calibrage pour radio et finesse sonore qui a su rester équilibrée, et quelques moments de sourire, Perdu d’avance aurait mérité autre chose que l’ombre de son auteur et des polémiques qui l’ont entouré. Dommage. Mais l’album aura finalement eu ce mérite : montrer qu’il n’y a plus besoin de l’Etat ni de l’économie pour faire exister une censure. Les associations s’en chargent.
Lire notre chronique de Perdu d'avance
Ecouter Perdu d'avance
Un disque de rap sorti chez LZO Records

2009. Alors que certains rappeurs revendiquent haut et fort leur syndrome de Peter Pan, d'autres chantent, à qui veut bien l'entendre, avoir assassiné à coups de mots et de rimes l'enfant-qui-ne-grandit-pas. Dreyf fait parti de ceux là. Pas de quiproquo, il sait garder son âme d'enfance. Mais le passage de Son d'automne, son premier EP, à Same player shoot again ne s'est pas fait sans réelle métamorphose, aussi bien niveau texte et prod, que niveau prestance. Quitte à choquer certains auditeurs. Et à en rallier d'autres. Qu'importe. Dreyf assume pleinement et au final c'est là le plus important. D'autant plus que ce "hors série" comme il le nomme lui-même, comporte quelques perles faisant office de bulldozer. 'Un nouvel espoir', 'L'effet papillon', 'Tour de Babel', 'Pesticide' etc. L'exemple le plus marquant reste malgré tout 'Le blues de Neverland'. Sur une prod guerrière de Lartizan, Dreyf rappe un texte egotrip digne des plus grands. Car oui Dreyf fait encore parti des "petits", des rappeurs de l'ombre, des solitaires traçant leur chemin seul et sans barrière. Mais il est fort à parier qu'il pourrait, dans un futur proche, mettre quelques claques sonores à un public qui ne demande que ça. A suivre de près.
Lire notre chronique de Same player shoot again
Ecouter Same player shoot again
Un disque de rap et de rock sorti chez T-Rec Records

Combien de groupes peuvent se targuer d’avoir donné un véritable mélange rap/rock qui irait plus loin qu’une rébellion scandée sur des riffs funk à la saturation métal ? Peu. Depuis cette année 2009, Zone Libre, emmené par Serge Teyssot-Gay (Noir Désir), Marc Sens (Yann Tiersen) et Cyril Bilbeaud (Sloy) en fait partie. Loin des schémas de la fusion, mettant en œuvre un rock désoeuvré et bruité, les trois instrumentistes créent des fissures dans lesquelles s’engouffrent leurs deux Minvités : le compte à rebours ambulant Casey (Anfalsh) et le tenace Hamé (La Rumeur). Ils ont les pieds plantés dans le goudron, les poings fermés, et leur humeur balance perpétuellement entre des cicatrices déployées comme des barbelés et une fierté érigée comme un drapeau noir. La rencontre entre ces mots et ces notes prend des allures de décompte. Un disque sous pression. Quand rage et apocalypse envahissent une tête, les angles morts sont les derniers refuges.
Lire notre chronique de L'angle mort
'L'Angle mort' en live sur France 3
Un disque de blues sorti chez Abstinthe Musique

Les Hell’s Kitchen viennent de Suisse. Autant dire qu’ils sont loin du Bayou et des temples mythiques du blues. Pourtant, leur maniement du genre est un régal tant il est versatile et inattendu. Brisant les frontières de l’exercice, jouant aussi bien du son typé bottleneck sur ses slides de guitare que de rythmes aux relents métalliques et presque industriels, Mr Fresh est un cocktail explosif qui renvoie Eric Clapton dans ses tourments. Tantôt rugissant, laissant la gomme des pneus sur l’asphalte et la poussière du désert en suspension, tantôt chaud et doucereux comme l’air moite arrivant à pleine vitesse par la fenêtre ouverte de la voiture, Les Hell’s Kitchen se contrefoutent d’un quelconque rythme de croisière. Leur conduite sonne libre, parfois nerveuse, parfois chaloupée, mais toujours décomplexée. Si il fallait leur coller une étiquette, ce serait celle de blues baroque. Dave Robicheaux n'est pas loin.
Lire notre chronique de Mr Fresh
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Un disque de stoner et de metal sorti chez F2M Planet

Plus qu'un haut fait en matière de stoner, cet album marque tout simplement son époque en matière de gros rock à tendance métallique. 7 Weeks joue avec les atmosphères, perd consciemment ses auditeurs dans les méandres d'une brume lourde en psychotropes qui rappellera à certains les méfaits des Doors. Qu'il s'agisse des ambiances orientales de "Whisper", des accès de rage ou de la rythmique insolente de All channels off, les musiciens brouillent les pistes et ne se contentent jamais d'être "un simple bon groupe de stoner". Mais que pouvait-on attendre d'autre de la part d'une formation qui s'est déjà imposée en deux ans sur son terrain ?
Lire notre chronique de All channels off
Ecouter All channels off
Un disque de rock progressif sorti chez Ad Hoc Records

Tout est du même tonneau et sans concessions of course. Qu’il s’agisse de 'A last drop' et sa transe obsessionnelle ou de 'Jack the ripper' et son intro d’une sombre profondeur macabre, avant de déverser des lames de notes dont la dissonance nous réconcilie avec l’originalité, il n’existe aucune faille dans Barbaro, aucun répit, pas de temps morts ou de remplissage indigeste. Tout les ingrédients et signes de reconnaissance sont bien là, mais pour une composition magistrale. Présent en tant que groupe atteint là son apogée et signe en lettre de sang son intronisation au leadership du rock en opposition, pour prouver encore aux derniers septiques, qu’ils sont bien LE groupe majeur et le plus intéressant de ce courrant en résurgence.
Lire notre chronique de Barbaro (Ma non troppo)
Lire notre entretien avec Roger Trigaux
Un disque de pop, de chanson, assorti d'un côté punk sorti chez Fraksvillerecords

Histoire d’un parcours sans calcul, Lio a toujours fonctionné au coup de cœur et contrairement à ce que "le grand public" croit, elle n’a jamais arrêté de publier de bons albums. Après la passade 'Prévert' au début des années 2000, elle revenait déjà avec un répertoire original signé Doriand, Peter Von Poehl et Jacques Duvall en 2006. Un très bel album qui présentait une Lio plus mélancolique et plus douce. Mais jamais fade.Aujourd’hui après un double best of sorti l’an dernier à l’occasion de ses 30 ans de carrière –déjà !-, Lio revient au sommet avec un projet qui semble rappeler que la musique est avant tout une aventure humaine, un plaisir collectif et non un business.
Lire notre chronique de Phantom feat. Lio
Ecouter des titres sur le myspace du projet
Un disque de jazz sorti chez OTA Records

A l'annonce du mot Cuba, vous répondez cigares, palmiers, Compay Segundo, rumba et Fidel Castro. Allez hop, oublions tout ça pour se rappeler qu'il y a aussi un vivier d'artistes de jazz à l'image du pianiste Omar Sosa. Il nous offrait en 2009 le bien-nommé "Across the divide : a tale of rythm and ancestry"; car le compositeur puise dans ses racines pour les formes traditionnelles cubaines, mais aussi dans sa formation aux percussions pour utiliser le rythme comme structure première, et dans le jazz contemporain pour mêler solos de saxophone à des envolées de piano. Moments planants, funk endiablé et échos africains, des titres éclectiques à déguster sans fin. Avec ce nouvel album, Omar Sosa ajoute sa pierre à l'édifice du jazz actuel.
Découvrir le teaser de l'album
Ecouter des extraits de l'album
Un disque de jazz et de chanson sorti chez Universal music

Son titre 'Les étoiles' l'a propulsé en France. Générique d'émission télé, passages en boucle sur la FM (TSF en tête), affiches de 4 mètres sur trois dans le métro parisien, voilà ce qu'a récolté Melody Gardot en gazouillant quelques mots de français sur son album. Et ce serait une erreur de n'en retenir que cela, tant son disque est plein de prestance, située quelque part entre la grande tradition de la chanson jazz américaine et un folk à la douceur réconfortante. Un disque qui a la chaleur d'une caresse délivrée du revers de la main, qui pétille avec discrétion tel un regard malicieux, qui livre douceur et sentiments avec pudeur mais sans retenue. En un mot : la classe.
Lire notre chronique de My one and only thrill
Ecouter My one and only thrill
Un disque de pop sorti chez XL

Impossible d'échapper au double X, un des plus gros buzz de l'année 2009. Une lettre face à son miroir, une symétrie parfaite, reflet d'une union mystérieuse entre quatre adolescents, née sur les bancs de l'école en 2001. Révélation de l'année, le groupe londonien s'est fait remarquer en reprenant Aaliyah ('Hot like fire') et Womack & Womack ('Teardrops'). Leur premier album a été accueilli par des rafales de louanges de la part des critiques et du public. La presse s'est enflammée et les dates de concerts se sont multipliées. Revenons début 2009. Qui aurait misé sur un tel succès ? Comment un disque aussi froid et intimiste a-t-il pu émerger de la masse d'albums qui inondent les bacs chaque année ? C'est là tout le mystère des voies du Web et la preuve que la voix de l'internaute porte loin. Regardez-les, ces quatre gamins qui traînent leur mal-être d'ado sur tous les plateaux télé du monde. Ils ont l'air complètement dépassés par la hype. Le succès leur va finalement très mal mais c'est ce qui fait leur charme.
Lire notre chronique de XX
Voir 'Night time' par The xx (Later… with Jools Holland)
Un disque world sorti chez Willage

Yasmin Levy est une chanteuse israëlienne séfarade, qui explore, sur les traces de son père Yitzhak, la musique judéo-espagnole. Découverte en 2006 avec le sublime La Juderia, elle revenait cette année avec Sentir. Flirtant beaucoup plus avec le flamenco contemporain, c'est d'une voix suave que Yasmin Levy illumine ces douze titres. La musique espagnole, qui sait allier la fureur des sentiments à la douceur de la musique, comporte bon nombre de facettes que l'artiste explore avec justesse, entre traditions et modernité. Chansons vibrantes, émotions à fleur de peau, et surtout une voix unique pleine de douleur et d'espoir, c'est un nouvel opus réussi et enivrant.
Voir Yasmin Levy au fil de son album
Ecouter des titres de Sentir
Un disque de rap sorti chez Rhymesayers

2009 aura été pour Rg Prod, c'est à dire votre humble serviteur, l'année de la découverte d'un label de rap américain, Rhymesayers. Séance de rattrapage avec When Life Gives You Lemons, You Paint That Shit Gold (2008) de Atmosphere, confirmation d'un talent de haut niveau Brother Ali (l'album Us), et révélation d'un rappeur hors du commun P.O.S. Hors du commun par son approche musicale, très personnel, très rap mais en même temps très rock dans la construction de Never Better. Dit comme ça, cela peut sembler très anecdotique. Mais à l'écoute de l'album, cela ne l'est pas, bien au contraire. Créant sa propre identité sonore, P.O.S s'amuse avec les mots autant qu'il joue des instruments. Pour donner une idée de son réel talent, je ne peux que conseiller d'aller jeter un oeil aux nombreux clips issus de Never Better. Alors P.O.S est-il l'enfant prodige dont le rap et le rock, frères ennemis, auraient accouché après une soirée arrosée et un rabibochage dans les règles ? La question est posée. En tout cas, le rappeur peut se vanter d'avoir sorti un album traumatisant, complètement fou. Tout autant que l'est le CD physique avec sa jaquette façon 3D à construire soi-même. Grand.
Découvrez le livret de Never Better
Regarder le clip de 'Optimist'
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Dernière mise à jour du document : mardi 27 juillet 2010