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Assassin, La Caution, l'Olympia et moi

par avatarRg Prod › lundi 25 mai 2009


Style(s) : rap

Voir Assassin en live, pour quelqu'un comme moi qui a grandi avec leurs chansons, est forcément un évènement particulier. J'ai longtemps eu une vision énigmatique de cette auto-proclamée Académie Mythique, autant dans sa façon d'appréhender la musique que dans la composition même du groupe. Cependant, les temps ont changé...

... Assassin Productions a mis la clé sous la porte pour renaître de ses cendres sous le nom Livin Astro. Tout le monde, à quelques exceptions près, sait qui est Rockin'Squat. Ce dernier, visible, beaucoup plus à visage découvert qu'auparavant, vient de sortir à environ un an d'intervalle les deux volumes de son album intitulé "Confessions d'un Enfant du Siècle". Mais c'est pourtant sous le nom d'Assassin que voit le jour la tournée "Les enfants du siècle Tour" et cette date précise à L'Olympia. La nostalgie est inévitablement de rigueur. Retour sur une journée pas comme les autres.


Tournée Assassin

"Assassin est le nom car les rimes assassinent, la langue est latine et les vers de platine." ('Le vent m'emporte !', 1993)



"Lundi 11 mai 2009, 8 heures."

Je me lève, pas forcément très frais ni de bonne humeur, avec de surcroît des noeuds dans l'estomac. Et une idée en tête. Ce soir normalement, je vais au concert d'Assassin à l'Olympia.
Ce n'est pas tant le fait de le(s) voir en live qui me donne ces aigreurs, bien au contraire, mais le fait tout simplement d'aller à un concert, dans une grande salle, ce qui sous-entend un certain nombre de personnes.
Bref, mon esprit sera occupé une bonne partie de la journée par la question fatidique du "j'y vais ou j'y vais pas". Entre le "mais oui, depuis le temps que j'ai envie d'assister à un concert d'Assassin" avec tout le côté incontestablement mythique qu'il peut y avoir et le "trop de foule tue la foule", mon cerveau ne cesse d'être en ébullition.
Après avoir pris mon courage à deux mains à plusieurs reprises, j'averti Mr D. que je m'apprête à sortir de chez moi et que je le rejoins comme convenu devant l'Olympia. Mr D., sous cet aspect anonyme, est la personne qui m'a généreusement offert ma place, et je l'en remercie encore 1000 fois.
Dans les transports parisiens, mon lecteur MP3 me permet de me détendre et d'évacuer le stress envahissant. Des chansons de Assassin / Rockin'Squat - évidemment - pour me mettre dans l'ambiance. Un mix de leur début aux albums solos actuels fait fondre en moi les dernières traces de peur et de doute.
Cela va être bien. Forcément. Il ne peut en être autrement. Il ne doit en être autrement.

"L'Olympia"

photo par Gökhan93J'arrive devant l'Olympia, retrouve Mr D. accompagné de quelques amis et autres personnes connues pour l'occasion. A part quelques lourdos du genre "je porte un survet' lacoste jaune et je me la raconte avec mon 1.5 litre de bière à la main", l'ambiance est déjà bon enfant, partagée entre moment de franche rigolade et écoute nostalgique de morceaux du groupe.
Petit à petit le public arrive et je souris discrètement à la vue des gens qui commencent à m'entourer. Entre groupies adeptes de la panoplie complète d'Assassin et personnes plus discrètes, des individus au look plutôt rap, rock ou reggae, le public semble en effet assez varié. Certains arrivent avec l'espoir - vite envolé - de se procurer une place au guichet tandis que d'autres semblent prêts a sacrifier père et mère pour se procurer le pass magique.
A 18 heures, les portes s'ouvrent. La première chose qui me passe par la tête et qui m'intrigue, c'est l'étroitesse de la salle. Il est vrai que je n'avais encore jamais mis les pieds dans cette salle dite mythique mais mon imagination un peu trop débordante m'avait fait fantasmer une salle immense. Cependant, cette sympathique pièce me convainc encore plus, si besoin était, de la bonne soirée en 'Perspective'.
L'attente se fait sentir et le festival son et lumière commence un peu avant 20 heures.

"La Caution"

Le DJ, Fab, entre sur scène et en véritable ambianceur chauffe la salle en quelques secondes, le temps d'un blind test des titres de La Caution. Le public se prend direct au jeu et fait honneur au groupe qui débarque au complet dans une ambiance déjà survoltée pour quasiment une heure de show. Les deux frères Hi-Tekk et Nikkfurie, accompagnés de Izno (Les Cautionneurs) interprètent classique sur classique, armés de leurs flows mitrailleurs.
'Toujours électriques', 'Casquettes grises', 'J'plante le décor', 'Comme un sampler', 'Je te hais', 'Polthergheist', 'GPS sur la comète', 'Thé a la menthe'... Le public (moi y compris) est déjà conquis et reprend en choeur la plupart des titres et refrains.
Côté nostalgie, cela nous ramène de longues années auparavant, quand ils faisaient partie du label Assassin Productions. Bref, malgré un son quasi-inaudible par moment, les titres s'enchaînent avec beaucoup d'aisance. Cela nous rappelle que La Caution est un groupe de scène très pro et qu'un nouvel album serait le bienvenu. Pour une première partie qui n'a été prévue que sur le tard, ce fut un moment très réussi, même si la saturation sonore a un peu gâché l'écoute. Ce qui devait être d'autant plus vrai pour les personnes connaissant peu ou pas le répertoire de La Caution.

"Assassin"

photo par Gôkhan93Un entracte paru trop long puis arrive le moment tant attendu.
Le concert débute dans le noir total avec l'intro de l'album "L'homicide volontaire".
Explosion de joie de toutes les personnes présentes dans la salle.
Quelques lumières s'allument ensuite furtivement. Le décor apparaît alors aux yeux du public qui se retrouve devant un paysage de jungle. Comme à l'accoutumée, le DJ, ici en l'occurrence Duke, surplombe la scène avec à sa gauche un clavier et à sa droite un percussionniste avec un attirail important de djembés et autres instruments.
Rockin'Squat arrive sur scène suivi du rappeur Profecy et du chanteur Lyricson, tous les deux des proches de Rockin' depuis longtemps et qui font parti de l'entité "A double S A double S I N". Capuches et casquettes sont de rigueur pour les deux rappeurs, ambiance Assassin oblige, et c'est parti pour un dynamique 'Instoppable' repris entièrement par le public. Le show à peine commencé, ils sont là sur scène les yeux déjà pétillants et heureux de voir la foule en liesse. Cette joie collective ne retombera pas avant la fin du concert. L'enthousiasme réel de certaines "personnalités" rap se trouvant dans le public, comme Jr Ewing, Arsenïk et les Littles, en est une preuve (certes anecdotique et surtout symbolique).
Cheick Tidiane Seck arrive ensuite sur scène, sous un tonnerre d'applaudissements, pour le titre 'France à fric'. Brillante prestation du musicien qui reviendra, en fin de soirée, interpréter un solo de clavier tout aussi impressionnant.

photo par Eric FestingerAccompagné tout le long par Profecy - apparaissant comme un backeur de luxe et un excellent rappeur de scène - et par Lyricson - envoûtant par sa voix très "roots" - Rockin'Squat puisse dans tout son répertoire, des albums d'Assassin à ses deus solos :
'A luta continua', 'Sérieux dans nos affaires', 'L'Etat assassine', 'Illuminazi 666', 'Progress', 'Le pouvoir secret', 'Undaground connexion', 'Shoota Babylone'...
Remarque non négligeable, le son est déjà bien plus appréciable (les instrus sont certes moins electro) que durant la première partie.
Un autre invité, de marque aussi, débarque comme à l'improviste, sous les yeux ébahis d'une grande partie du public (même si une rumeur se propageait sur le net depuis un petit moment sur la venue de cette personne). Le summum, aussi bien sur scène que dans la salle. Le dénommé Solo, membre originel d'Assassin et qui a fait son bonhomme de chemin depuis, se trouve là devant nous, et y restera pendant une bonne demi-heure de show. Le fantôme de la nostalgie plus présent que jamais en cette soirée, refait une nouvelle fois surface avec le déferlement d'un tsunami. Solo et Squat réunis. Comme à l'ancienne, le duo interprète des titres comme 'Kique ta merde', 'Je glisse', 'Note mon nom sur ta liste', 'La formule secrète'. In-croy-able. L'apothéose sonore. Solo pousse même Rockin'Squat dans ses derniers retranchements et nous ressort son flow old-school. C'en est presque hallucinant et irréel. Solo repart comme il est arrivé, sous une ovation digne de ce nom. C'est peut-être lui le héros du soir.
Le concert ne baisse pas pour autant de régime et continue sur sa lancée avec une succession de titres : 'La lutte du siècle', 'Ecrire contre l'oubli', 'Touche d'espoir', 'L'odyssée suit son cours', 'Les gangsters ne vivent pas longtemps', 'Can I do my thang'...
Profecy en profitera pour jouer un titre solo ('Galactik') ainsi que Lyricson ('Never sell out').
Le concert se termine par une touche un peu plus émotionnelle avec les attendrissantes chansons 'Enfant de la balle' et 'Une façon de vivre'. Mais le public a encore faim. Après un long et bruyant rappel, Squat et Cie reviennent et interprètent encore quelques titres ('Esclave de votre société', 'Esclave 2000'...) et s'en vont pour de bon, épuisés.

"Lundi 11 mai 2009, environ 23h30."

Epuisés. Comme le public. Comme moi. Pratiquement 3h30 de concert au total.
Je sors, des étoiles plein les yeux, sans noeud à l'estomac. J'y allais avec mon regard d'enfant. J'en suis reparti avec le même, agrémenté d'une joie impalpable. Et avec la certitude d'avoir assisté à un grand moment de musique. Un grand concert de rap où le "Peace, love and unity" était plus que présent. Première fois que je voyais Assassin en live et ce sera là, peut-être, la dernière fois. Ce qui est sûr, c'est que j'en garderai un souvenir mémorable et indélébile. Et c'est bien là l'important à mes yeux.

Dernière mise à jour du document : lundi 1 juin 2009


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