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Olivier GANN - interview (septembre 2004)

par avatarptit_boy › mardi 21 septembre 2004


Style(s) : chanson / pop 

Bonjour Olivier, pourriez-vous tout d'abord nous résumer un peu votre carrière jusqu’à présent ?

Olivier Gann : Bonjour, et bien pour répondre à votre première question, mon parcours musical a commencé il y a presque 20 ans. Bals à 14 ans, concerts de rock à 18, et puis trois CD autoproduits avant de rencontrer Francis Cabrel en 1997 lors des rencontres d’Astaffort, signature d’un album sous son label Cargo en 2001, première tournée nationale avec notamment Isabelle Boulay jusqu’à aujourd’hui où je sors mon deuxième album signé chez Flam / Night&day.

On vous a souvent comparé à Cabrel (pour votre façon d’écrire) et à Goldman (pour votre voix). Quelles sont selon vous vos principales influences musicales ?

Olivier Gann : C’est le texte qui prime, j’ai en général un petit "stock" de musiques, et le texte que je reçois m’inspire sur les mélodies déjà écrites. En fait presque tout m’inspire, même des morceaux "dance" ou "groove" qui pourtant sont loin de mon univers peuvent me donner envie d’écrire une chanson. Je crois ne pas avoir une influence musicale précise en fait.

Votre deuxième album "Instantané" paraît cette année. Quels sont les premiers avis de la presse et de vos proches sur cet album ?

Olivier Gann : Ils le trouvent plus "Gann" c’est peut être dû au fait que j’ai participé à la réalisation avec l’aide de Thierry Jocelyn et de Jean François Moreau pour cet album. La presse parle de fraîcheur dans les chansons, et dans les textes également.

Pour ma part, je trouve ce deuxième opus bien plus mature que "On m’a dit", bien plus personnel que votre premier album. Avez-vous l’impression d’avoir évolué en trois ans ?

Olivier Gann : Sans faire de mauvais jeux de mot, je crois que j’ai pris de "l’assurance". L’aide de F. Cabrel en me donnant son avis sur les maquettes m’a beaucoup apporté également. Sur le précédant album tout me "tombait dessus", les chansons à écrire, ma première promo nationale, quelques grandes scènes … aujourd’hui je relativise. Cet album s’est fait dans la sérénité, sans précipitation aucune.

Pour ce deuxième album vous avez changé de studio mais c’est toujours Jean-François Moreau qui travaille avec vous. Cette fidélité musicale est-elle importante pour vous ?

Olivier Gann : Oui elle est rassurante pour moi, d’abord parce que c’est un vrai pro, il ne lâche jamais l’affaire, tant que ça ne lui plait pas il retravaille, il remixe, il redéfait. Et puis on est aussi très pote, ça aide beaucoup dans les moments de doutes.

Par contre vous avez renouvelé beaucoup de musiciens par rapport à l’équipe de "On m’a dit". Quelles sont les raisons de ce "remaniement" ?

Olivier Gann : Le choix de la réalisation amène aussi à faire des choix de musiciens, en ce qui me concerne j’ai pris des musiciens que je connaissais bien, tout simplement par facilité, pour ma première direction j’ai choisi la prudence. Sauf pour la direction des cordes qui s’est faite avec un nouveau venu sous le nom de Bruno Leroux que je ne connaissais pas beaucoup.

Comment se passe la composition avec Brice Homs, Olivier Dodane et Nérac ? Travaillez-vous en commun ou vous apportent-ils des morceaux tout prêts ?

Olivier Gann : Ils travaillent tous les trois différemment. Brice est celui qui a le plus d’expériences il n’envoie que lorsqu’il est sûr de son travail, donc il n’envoie pas beaucoup de textes. Olivier lui est assez productif, tout ne convient pas à mon style je fais donc le tri, même si le choix est difficile car je passe parfois à côté. Quant à Nérac notre rencontre est assez récente mais je l’adore déjà. Je lui donne un thème, (par exemple la fleuriste), et il m’envoie le texte trois jours plus tard en y mettant tous le sens que j’avais imaginé. Ce garçon fait de la magie noire.

Vous avez signé avec le label Flam, distribué par Night and Day, alors que pour votre premier album vous étiez chez Chandelle Productions, le label de Francis Cabrel. Ce changement de label correspond-il à une volonté de votre part de vous éloigner de l’image de "protégé de Francis Cabrel" ?

Olivier Gann : C’est plutôt une réalité économique. Mon précédant album n’a peut être pas eu le succès escompté par ma maison de disque, donc la décision est venue de mon ancienne production. Ce choix étant légitime, j’ai continué à travailler sur l’album tout en recherchant un autre label avec l’aide de mon attaché de presse avec qui je travaille depuis presque cinq ans.

Vos textes sont assez classiques dans leurs thèmes, mais sont très bien écrits. Est-ce très important pour vous d’avoir un texte intéressant et poétique, ou considérez-vous plutôt que la mélodie est primordiale ?

Olivier Gann : Aujourd’hui ce qui est primordial dans mes chansons c’est le sens du texte, Dans "On m’a dit" je n’avais pas toujours eu cette rigueur, ou cette envie de profondeur dans les propos. Dans "Instantané" je ne chante que des textes qui me touchent vraiment, je ne joue pas la comédie, je vis chaque chanson.

Comment s’est déroulé le duo avec Isabelle Furtos ? Pouvez-vous nous en dire plus sur cette jeune femme ? Comment l’avez-vous rencontrée ?

Olivier Gann : Je l’ai rencontrée à Astaffort. Elle faisait le même stage que moi, (6 ans auparavant) et j’ai été touché par sa voix, et sa gentillesse. Elle a tout ce que j’aime chez une chanteuse, elle "dégage" quelque chose comme une présence, elle ne crie pas, elle est jolie à regarder chanter, et elle a beaucoup d’humour. Mon choix pour le duo sur l’album s’est donc très vite centré sur Isabelle.

Que pensez-vous des artistes français ? De quels groupes et artistes vous sentez-vous proches ?

Olivier Gann : J’aime les artistes à « défauts », ceux qui ont un signe particulier dans la voix, ou dans leur manière d’écrire. Je ne suis pas très fort sur les chanteurs (euses) à voix, et pas du tout sur le tout formaté genre "Star Ac". De Palmas, Souchon, Cabrel ou Chédid, font partie de mes préférés parmi tant d’autres.

Quel est le dernier disque français que vous ayez écouté ? Qu’en avez-vous pensé ?

Olivier Gann : "Les beaux dégâts" de Cabrel. Cet artiste est pour moi l’horloger de précision de la chanson française. Et son dernier album est d’une justesse redoutable.

Prévoyez-vous une tournée pour soutenir "Instantané" ? Que pensez-vous justement du jeu en public, la scène est-elle importante pour vous ?

Olivier Gann : On prépare effectivement une tournée pour la rentrée 2005. La scène fait partie de mon existence depuis dix ans, c’est le complément indispensable à ma vie d’artiste. D’abord par goût, j’adore vraiment ça, je prends du plaisir à donner et recevoir avec le public, et aussi pour vivre, la vente seule de mes albums ne serait pas suffisante

Après la sortie de ce deuxième album, comment voyez-vous votre futur ?

Olivier Gann : J’espère que cet album aura du succès bien sur, d’abord parce qu’il compte beaucoup à mes yeux et puis aussi afin de pouvoir freiner un peu les concerts et me consacrer un peu plus à l’écriture, (pour les autres notamment).

Quelle est votre position par rapport aux échanges gratuits de musique sur Internet ? La politique des majors face au téléchargement vous semble t’elle être la bonne ?

Olivier Gann : Je suis très modéré sur ce sujet. Télécharger pour découvrir de nouveaux artistes, et pour son usage personnel, dans des proportions raisonnables après tout pourquoi pas !!! Mais en faire une vrai collection pour son compte et pour d’autres uniquement pour "posséder gratuitement" à tout prix, évidemment je suis contre. Quand aux Majors je trouve qu’elles se réveillent un peu tard, même si leur politique de faire payer au titre une chanson d’album me semble une bonne méthode, elles auront du mal à endiguer l’échange de fichiers.

Question indiscrète, mais utile à mon avis pour bien se rendre compte de la difficulté d’être musicien en France aujourd’hui : vivez-vous de votre musique ou bien continuez-vous à travailler en plus ?

Olivier Gann : J’ai la chance de vivre de ma musique depuis bientôt dix ans déjà, grâce au statut d’intermittent d’ailleurs, mais aussi par la collaboration avec d’autres artistes, les concerts, et les retombées de mes ventes d’albums. Aujourd’hui je sais qu’il est difficile de vivre de ce métier, mais loin d’être impossible, à condition de travailler bien entendu, de garder les pieds sur terre et surtout de le faire par passion.

Merci de m’avoir accordé un peu de votre temps, je vous laisse le mot de la fin.

Olivier Gann : Merci à vous d’abord de vous être intéressé à mon travail avec autant de sérieux et de curiosité, et aussi bravo pour votre site qui comporte d’excellentes critiques sur les albums chroniqués, on y apprend beaucoup car vous décortiquez les chansons sans parti pris, et avec un réel intérêt. Je vous félicite donc.

Dernière mise à jour du document : lundi 21 juin 2010


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