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- au groupe / artiste Charlotte Etc.
par
ptit_boy › mardi 14 octobre 2003
Charlotte : Je me permettrai de reprendre les termes de ma "bio" qui relate bien la formation du groupe qui s'est faite en plusieurs étapes : Le jour de mes 20 ans (1992), après un mois de pratique d'accordéon, je chante et joue dans un café près de chez moi. La musique prend naturellement le pas sur le théâtre que j'ai pratiqué depuis l'âge de 15 ans. Peu à peu j'annexe les comptoirs des estaminets parisiens à coups d'accordéon et envahis les cafés-concerts de la capitale. En 1997, Charlotte devient Charlotte etc. Mon univers s'agrandit, je ne travaille plus seule, Michel Schick (clarinettiste) et Christophe Malherbe (contrebassiste) me rejoignent. Charlotte etc. c'est désormais un trio. Un an plus tard, lors d'un concert solo dans un bar de son quartier, je fais la connaissance d'un producteur indépendant avec lequel je signe mon premier contrat. De cette signature, "La Semaine Prochaine" (1er album) voit le jour à l'automne 2000 (éditions THM, production Kondo Music). Les concerts s'enchaînent régulièrement. De la gargote parisienne aux salles prestigieuses, Charlotte etc. multiplie les expériences scéniques. Les premières parties se succèdent, les rencontres sont nombreuses (Arthur H, Brigitte Fontaine, Jaques Higelin, Thomas Fersen, Les Hurleurs, Paris Combo,...). Les années passent et le triptyque musical devient une formation pentagonale. L'arrivée d'Emiliano Turi à la batterie (2000) et de Yann Féry (2002) à la guitare offre de nouvelles possibilités au groupe, c'est une évolution réussie. Ce "bouquet d'épines" (2ème album, autoproduit celui-là) est le fruit de notre union.
Charlotte : C'est avant tout un terme qui correspond au travail de création et à son aboutissement sur scène.
Charlotte : C'est difficile, y'en a tellement ! : pour les plus importantes je dirais Tom Waits, Brigitte Fontaine, Jacques brel, Edith Piaf, Téléphone même, et aussi étonnant que cela puisse paraître, The Cure, Prince ou David Bowie. En fait tous ces artistes qui ont bercé mon adolescence et certainement nourrie inconsciemment. Mais la liste est encore très longue... Et sans parler des influences des musiciens, mais là il faudrait leur poser la question... 06 21...
Charlotte : OUI pour les personnes qui se sont donné la peine de l'écouter, les critiques sont plutôt très bonnes. Je regrette seulement que certaines personnes de la profession, que je ne nommerai d'ailleurs pas, n'aient pas pris le temps de l'écouter ou de me répondre. J'ai la vague impression que le "business" a à voir dans cette histoire, et que le fait de ne pas être signée par une maison de disque reconnue voire une major, a hélas une influence quant à l'accueil de cet album. Heureusement que les radios associatives (ou libres ?) ont un peu plus de courage que les grosses...
Charlotte : Je n'ai rencontré que son mari, Areski, qui lui m'a donné le feu vert, Brigitte Fontaine elle-même je ne sais pas. Bon comme c'est un peu sa "moitié" je me dis que ça n'est pas si mal que ça... Personnellement j'en suis très contente.
Charlotte : Je le trouve toujours beau et reste persuadée que c'est un très bel album, malgré les aléas de la profession, réussite économique ne rimant pas toujours avec "qualité". Le public et même nombre de musiciens ou "professionnels" que je croise ont plutôt tendance à dire que c'est du beau travail. Même des maisons de disques qui ne souhaitaient pas me signer pour des raisons propres à leur politiques internes apprécient tout de même sa qualité. C'est fou , non ?
Charlotte : Dans un studio magnifique en plein Loir et Cher, "Le Pressoir". Studio construit dans des roches troglodytes. Loin de Paris, loin du bruit, il faut dire que c'était le panard. Bon, j'ai succédé aux Wampas pour l'enregistrement, il a quand même fallu nettoyer les bonnettes... Sans rire, c'était un vrai bonheur et Lyonel Naya, qui a enregistré et mixé cet album nous a poussés plus loin que nous ne l'imaginions. Si c'était à refaire, je le referais, à 200% et tout de suite, à la minute !
Charlotte : Non, disons que je suis l'interprète pensante ; c'est à dire que je ne suis pas la seule à composer et à écrire, mais je choisis les textes (ou musiques) qu'on me propose parfois, et j'ai le dernier mot, ça c'est sûr. Je ne chanterai jamais quelque chose qui ne me convient pas. Mais sinon je laisse une grande part de création aux autres : les musiciens du groupe et d'autres personnes totalement extérieures à Charlotte Etc. Etant moi-même occupée à "manager" le groupe , il me manque hélas trop de temps pour la création pure, alors comme d'autres ont du talent, je leur laisse de la place, il y a un véritable échange artistique. Pour ce qui est de l'informatique, j'ai suivi il y a 3 ans un stage sur Cubase, alors certains des morceaux qui sont sur cet album ont été "structurés" sur Cubase, mais toujours nés du concret : instrument ou voix. Cubase n'a été qu'un outil pour structurer ces morceaux. Sinon l'album a été totalement enregistré sur bandes analogiques...Un peu de Protools sur la fin en mix, pour rajouter des petites choses.... (s'il ne fallait pas faire de pub, c'est raté...).
Charlotte : En fait c'est un peu moi le label. Patchrock est une structure qui me fait tourner, mais comme je n'avais pas envie, en plus de tout le travail que je fournis déjà, de monter une société, disons que j'ai été "hébergée" par Patchrock. Mais en réalité je suis le label........ dans le concret. Alors oui je suis satisfaite de mon travail, mais étant une seule personne, je regrette juste de n'avoir pas assez de temps et de moyens pour faire encore plus de choses. Je ne suis pas une extra-terrrestre. Je dois donc faire avec. J'ai appris le métier de producteur, c'est épuisant, ruinant aussi, mais passionnant, j'en suis très très fière.
Charlotte : Pour moi c'est indissociable. Il n'y a pas d'hiérarchie entre les deux ; ça colle ensemble ou ça ne colle pas. Pour parler des textes que j'écris, car je ne me prononcerai pas sur les autres, je ne dirais pas "concept" mais fil conducteur. C'est plutôt cynique, ou décalé, plein de tendresse aussi, bref c'est un peu à l'image de la vie. Je suis une rêveuse, mais pas dupe de la réalité. Donc mes textes sentent un peu tout ça : le bouquet d'épines est très révélateur...Le titre de l'album n'a pas été choisi au hasard. Le manichéisme c'est pas trop mon truc, disons que j'aime les demi-teintes, les non-dits, la poésie quoi !
Charlotte : Je ne suis pas une adepte de l'uniquement français. Pour moi la chanson française c'est encore un truc inventé par des commerciaux, à la base. Je parle de musique uniquement, l'important est qu'il y ait de l'émotion et c'est tout. Je préfère David Bowie à Guy Béart, Prince à Nana Mouskouri. Bon c'est vrai j'exagère dans mes comparaisons, mais pour moi ce n'est pas le style qui est important , c'est l'artiste. Certains me font vibrer, d'autres pas. Je crois que tout ça est très subjectif. En tout cas les étiquettes me gonflent, mais d'une force.... Il se trouve que je suis française, c'est tout. Ca ne m'a d'ailleurs pas empêché d'écrire un chanson en anglais, ça s'est trouvé comme ça !
Charlotte : Je ne connais pas bien la scène Jazz, s'il faut parler de Jazz je connais plus de chanteuses anglo-saxonnes (j'aime beaucoup les vois féminines en Jazz, par exemple Billie Holliday, ou Julie London) que de françaises, pour les hommes je ne suis pas très à la page, je pourrais parler de Chet Baker qui m'émeut aussi bien par sa voix que sa trompette, mais chez les gens d'aujourd'hui, pardon, je ne connais pas trop. Pour la scène "chanson" j'apprécie Arno, ou Arthur H ou encore Franck Monnet ; là je préfère nettement les hommes ; Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça. Peut-être parce que je comprends mieux le français et que ce qu'ils racontent me plaît plus que ce que les femmes racontent. Peut-être qu'à part Brigitte Fontaine il y a peu de femmes qui m'intéressent vraiment ; j'aimerais jouer avec Arthur H (j'ai fait sa première partie mais nous n'avons pas "joué ensemble"), et puis Tom Waits aussi, ah les rêves...
Charlotte : Nous sommes nés de la scène, pour moi c'est primordial. Il faut un échange humain, de la sueur, du bonheur, le disque c'est bien mais sans la scène je n'existerais pas. J'ai besoin du contact. Absolument. Je ne pourrais pas faire des disques sans rencontrer le public. Ca me semble impensable.
Charlotte : Ah le futur...Avec les "intermittents" et la société de consommation à outrance, comment l'envisager ? Continuer le plus longtemps possible. J'espère que nous en aurons les moyens. Le quotidien n'est pas toujours évident quand on évolue dans les circuits parallèles. Personnellement je suis motivée et le prouve depuis des années. Alors tant que les autres suivent, on continuera. C'est tout ce que je peux dire. J'aimerais avoir 70 ans sur scène, et la santé, et continuer à raconter les choses de la vie....
Charlotte : J'aimerais bien que les entreprises ne licencient pas quand elle font des bénéfices incroyables, que les boursicoteurs cessent leurs activités sur le champs, que les femmes dites "adultères" dans certains pays ne soient plus lapidées, qu'on arrête de nous faire croire qu'il n'y a pas assez d'argent sur cette planète pour faire vivre tout le monde décemment. Que l'art dans notre pays ne soit pas considéré comme une simple marchandise, mais comme ce qu'il est : quelque chose qui fait avancer, qui conteste le pouvoir établi quand il y a lieu de le faire, qui dénonce et qui ne rapporte pas forcément du pognon. Qu'on n'ait pas évité Jean-Marie Le Pen pour retrouver un gouvernement un tout petit peu plus à gauche que l'extrême droite. Notre société me sort par les...
Dernière mise à jour du document : dimanche 19 avril 2009
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