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Piloophaz › Nature morte

16 titres - 74:38 min

  • 1/ Intro - 2/ Fils de saul - 3/ Le faucheur - 4/ Pris au piège - 5/ Abscence - 6/ Le jour se lève - 7/ Deadly punk - 8/ Sentiments sous verre - 9/ Ethiliquement incorrect - 10/ Antropie - 11/ Sans toi - 12/ Lumière froide - 13/ Promenade - 14/ Terres perdues - 15/ Feu d'ombres - 16/ Ewtro

enregistrement

Enregistré, mixé et masterisé par Adams à l'usine digitale en 2003, sauf "terres perdues" enregistrée et mixée par Piloophaz en enfer en 2004

line up

Piloophaz (mc, instrus), O'leg (scratchs). Defré Bacara (instru "absence") Arnaud Brun Twist (basse "Sentiments sous verre") Featuring : Arom, Hasta S, Da Pro, Loco, Maxx-R & Jojo


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remarques

écrit et composé par Piloophaz pour Skyzominus prod entre 2001 & 2003. Produit par Maloka.

chronique

Styles principaux
rap

"Hip-Hop Pacemaker". Gardez le coeur bien accroché, prenez garde aux traumatismes, vous rentrez dans l'univers noir et torturé de Piloophaz, ancien MC de la regrettée 5ème Kolonne (St Etienne), qui vient poser sa "Nature morte". Piloophaz est ce genre de MC qu'on n'oublie pas, par sa singularité, mais aussi par son univers teinté de mal être, dont le credo se résume en partie via cette phase : "je bloque sur la mort et l'amour".

"666° Degré de connaissance" pour un "Death Hip-hop" noir, voire parfois macabre, Piloophaz ne fait pas d'infidélité à son style. Il exprime ce qu'il "jamais ne confesse mais parfois chuchote". Les thèmes sont conformes à l'univers déjà bien ancré du MC. Il déballe ses blessures, mais s'attaque aussi à certains aspects du mal-être humain comme l'anorexie ("Le jour se lève"), l'absence ("Absence"), ou encore en parlant d'un père au fond du gouffre et de l'ignominie ("Promenade").

Au coeur de cette "complexe misère mentale" le MC voyage dans un univers violent, noir, glauque (à l'image de l'artwork du disque) parfois cauchemardesque mais pourtant réel. Le tout est ponctué de piques confidentes et calmes, mais tristes. Piloophaz regarde avec amertume en arrière, "montre du doigt ces sentiments que l'on préfère voir sous verre".
Chez Piloophaz "chaque texte est une estocade", il ne dit pas les choses à moitié, cogite vite et rentre dedans. Le flow est en symbiose avec cet univers. Il est très nerveux avec un débit assez élevé et haché. Sa voix respire les traumatismes. Bref Piloophaz fait passer avec hargne et conviction sa souffrance et son dédain pour une partie de la nature humaine.

A l'exception du titre "Absence" réalisé par Defré Bacarra, Piloophaz a produit toutes les instrus de l'album (album écrit et composé entre 2001 et 2003 pour une sortie fin 2004). Elles sont orchestrées autour de nombreux sample (l'album s'ouvre avec Simon & Garfunkel et se finit avec Jim Morisson). En la matière Piloophaz ratisse large vue la diversité des sons utilisés.

Il n'a pas non plus failli à son éternelle manie, qui en devient presque une signature : poser un peu partout des samples de dialogues de séries, de films. Ceux ci collent à l'ambiance angoissante de son univers et de ses instrus. Des voix étrangères surgissent tout au long du disque, tantôt déprimées, tantôt aigries, parfois prophétiques ou paranoïaques. Tels ses textes, ses instrus sonnent soit mélancoliques, soit oppressantes et torturées. A noter la présence de O'leg aux platines avec ses scratchs toujours aussi efficaces, mais aussi d'invités qui sont plus qu'au niveau ("Absence" et "Ethiliquement incorrect" sont très réussis).Quelques délires gros sons parsèment l'album particulièrement le titre "Terres perdues" qui évoque le rap (avec plusieurs featuring qui défouraillent dont Da Pro (Force Pure) et Loco (La casa Del Phonky)). Piloophaz a de toute manière l'habitude d'exprimer ses vues sans concessions sur le hiphop et son milieu. Il a souvent placé ce genre de revendications dans ses textes avec la 5eme Kolonne, et le fait à deux reprises sur ce disque (également sur "Deadly Punk").

Piloophaz donne l'impression de "chercher peut-être la rédemption" à travers ces 16 pistes. Mais on sent aussi qu'il a parfait son flow et ses prod' que l'on sent plus contrôlés qu'à l'habitude. Il balaie ses peurs, ses erreurs, et décrit son comportement à la loupe, dans une pudeur partagée avec l'auditeur. Ses thèmes et son univers délivrent d'abord une claque par la surprise qu'ils apportent. Au point que lorsque le MC demande "qui de nous deux est le plus étrange?" on se sent visé derrière nos enceintes. Mais plus les écoutes passent plus on se prend au jeu, au plaisir de découvrir une personnalité, un mal être partagé, enrobé dans des textes réfléchis. Il reste cependant un fort contrepoids à tout cela. Piloophaz, à force de méditer sur lui même, de regarder en arrière, peut donner l'impression à certains de ne pas réussir à sortir d'une espèce de crise de mal-être. C'est un peu comparable à une gangraine qui l'envahit et qui fini par bouffer une grande partie de ses textes. On regrettera donc qu'il ne prenne pas plus souvent le temps de passer aussi à autre chose. Mais face à la qualité d'écriture d'un mec qui au final ne se plaint pas mais décrit juste les abîmes de ses pensées et de sa sensibilité, on ne pourra que s'incliner devant cet album. (vendredi 8 juillet 2005)

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