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Acousti, Paris, en février et mars 2002 par Jean-Pierre Sluys et Jean-Marc Pinaud, assisté de Didier Pouydesseau et Francisque
Vincent Delerm (paroles et musiques, piano, arrangements), Cyrille Wambergue (réalisation/arrangements, piano), Quatuor Alhambra (cordes), Yves Torchinsky (contrebasse, basse), Bruno Flahou (trombone), Luc Rousselle (trompette), Marie Abdoun (basson), Stéphane Limonaire (flûte basse), Franck Ridacker (batterie), Norbert Lucarain (marimba), Solveig Maupu (voix sur « Catégorie Bukowski »), Irène Jacob (chant sur « Cosmopolitan »), Nora Cismondi (cor anglais), Pierre Sangra (mandoline), Philippe Legris (tuba), Joseph Racaille (arrangements de « Le monolgue shakerspearien »)
Français
Le talent de Vincent Delerm commence par l’écriture. Plus que des chansons, ce sont de vrais courts métrages qui défilent de nos yeux à nos oreilles ; pas des films modernes, bourrés d’effets spéciaux ; non, plutôt un vieux film en noir et blanc, ou une série de diapos, qui racontent des portraits, des scènes de vie ou des paysages que l’artiste (dé)peint par touches, avec un touché musical bien à lui. Dans cet album, vous croiserez multitude d’endroits et de personnages, réels ou pas, qui accentuent le côté visuel de sa musique.
Avec Delerm, nos yeux et nos oreilles ne font qu’un sens. Récit d’une relation passionnelle avec la photo d’une actrice, bride de conversation croisée à une autre, voyeurs que nous sommes de découvrir l’intimité d’une lettre qui s’écrit devant nous, lecture d’un magazine féminin qui magnifie la douleur de la rupture. Chaque titre est comme un nouvel essai de trouvaille littéraire : comment dire l’important avec des mots qui n’ont l’air de rien !
Quant aux compositions, elles sont intensifiées par l’utilisation d’instruments acoustiques, sur une base piano plus cordes, et par les arrangements très vivants de Cyrille Wambergue, qu’on avait déjà l’habitude de retrouver au piano sur les spectacles de Thomas Fersen. D’ailleurs, un titre comme "Tes parents" aurait très bien pu être interprété par Fersen !
Le côté authentique et émouvant des compositions est renforcé par l’interprétation particulière de Delerm. Il utilise ce phrasé saccadé, reconnaissable entre mille, qui fait tant penser à celui de Brigitte Bardot chantant Gainsbourg. De plus, à la manière d’un Biolay ou d’un Gainsbourg, il a aussi dans la voix cette nonchalance qui se marrie si bien à la mélancolie des textes ; mais ne nous y trompons pas : il n’y a pas imitation !
Il y a dans cet album beaucoup de solitude, parfois douloureuse, parfois pas du tout. C’est peut-être ce qui lui donne ce charme nostalgique et envoûtant. Pour un premier album, c’est plus qu’une réussite, c’est une petite merveille musicale ! (samedi 4 mai 2002)
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