Les objets chroniqués par l'équipe

Vous êtes ici › Les groupes / artistesSAlain Souchon › La vie Théodore

Alain Souchon › La vie Théodore

11 titres - 40:18 min

  • 01. Putain ça penche (A. Souchon/L. Voulzy)
  • 02. J’aimais mieux quand c’était toi (A. Souchon)
  • 03. Bonjour Tristesse (A. Souchon)
  • 04. La vie Théodore (A. Souchon)
  • 05. En collant l’oreille sur l’appareil (A. Souchon)
  • 06. A cause d’elle (A. Souchon/L. Voulzy)
  • 07. Et si en plus y’a personne (A. Souchon/L.Voulzy)
  • 08. Le mystère (A. Souchon)
  • 09. Le marin (A. Souchon/P. et A. Souchon)
  • 10. L’île du dédain (A. Souchon/P. Souchon)
  • 11. Lisa (M. Davidovicci & P. Grillet/P. Souchon & J. Voulzy)

chronique

marie (chroniqueur)

Styles principaux
chanson

La cuvée Souchon 2005 est sortie... à chaque nouvel album une nouvelle attente du public.. et celle ci est comblée. Alain Souchon fait du Souchon, toujours léger, au milieu des fleurs, avec ses quelques petites pointes ironiques sur la société, et surtout ses textes à la poésie décalée qui font le charme de ce grand chanteur français.
L'album démarre avec une liste interminable de marques de luxe ("Putain ça penche") et continue avec un hommage à Françoise Sagan ("Adieu tristesse"), une très belle ballade ("Lisa")... l'album de Souchon nous emmène en promenade, avec ses images de jeunes filles en fleur, ou ses interrogations sur le monde ("Et si en plus y a personne"). Le rythme est toujours varié, doux puis sautillant, mais sans jamais une seule agressivité, toujours en adéquation avec la voix de velours d'Alain.
Rythme chaloupé pour introduire "En collant l'oreille sur l'appareil", accords feutrés pour "Le mystère" et très belle introduction au piano avec "La vie Théodore".
Souchon nous raconte des histoires sur une musique agréable, abandonnant ici ses plaintes de vieux garçon et nous contant la vie qui devient encore un peu plus belle avec ce nouvel album. Une réussite. (mercredi 14 septembre 2005)

note       FacebookTwit this Partager

chronique

avataraircoba (chroniqueur)

Styles principaux
chanson

"La vie Théodore". Un titre pour le moins mystérieux. Un album sombre à en juger par le ton de la pochette et cet homme pensif, presque inquiet au moment de jeter un œil dans le rétroviseur de sa vie. Rien de bien affolant pour son public, un Souchon souriant, cocktail à la main, aurait dérouté plus d’un de ses fans. Ma modeste condition de chroniqueur bénévole du dimanche m'a parfois poussé à me fourvoyer dans de beaux principes. J'ai par exemple cru pendant quelques temps qu'il fallait forcément maîtriser son sujet pour chroniquer un album. C'est faux. Que ce soit devant un auditoire ou un lectorat, il suffit de rester sûr de soi pour être pris au sérieux. "La Vie Théodore" est sans conteste possible le meilleur album de Souchon, un monument du patrimoine musical français.

Touché par un reportage sur la vie de Théodore Monod, Alain Souchon décide de lui rendre un vibrant hommage en écrivant et mettant en musique un des plus beaux titres de l'album. Il y décrit le sentiment de solitude que lui a inspiré la vie de l'explorateur français, employant des mots dont la simplicité peut prendre un écho presque démesuré. Il suffit d'oublier Théodore et n'importe qui peut se reconnaître dans cette traversée du désert. C'est là toute la force de 'La vie Théodore'.

En 1993, Alain Souchon chantait 'Foule sentimentale'. Sous ses airs de fausse ballade, se glisse un texte qui pointe du doigt le consumérisme de notre époque, affligée d'une formule qui la résume si joliment ("On nous Claudia Schieffer, on nous Paul-Loup Sulitzer"). En guise de nouveau pied de nez à cette société de l’apparat, le chanteur français ouvre l'album en faisant des grandes marques vestimentaires un single parfait, s'appuyant sur quelques accords de guitare aussi efficaces qu'une campagne de pub Apple. Eh ouais, "putain ça penche, on voit le vide à travers les planches". Et ce n'est pas une surprise que ce refrain trouve par la suite un peu plus de profondeur. Pris entre son téléviseur et une rythmique chaloupée, Souchon constate par l'absurde. Le carré magique n'est pas si magique. "En collant l'oreille sur l'appareil, on entend les gens chanter… leurs chants désenchantés".

Alors Souchon, chanteur engagé ? Certainement pas. Encore faudrait-il avoir des idées pour s'engager dans quoique ce soit. Le principal intéressé se décrit lui-même comme un simple observateur du monde, avec un grand M. Interviewé sur le plateau du Grand Journal (Canal +) dans le cadre de la promotion de son dernier album ("Ecoutez d'où ma peine vient") en mars dernier, il déclare (sans fausse modestie ?) qu'il essaie simplement de faire de belles chansons. Ni plus, ni moins.

Le plus beau reste qu'à plus de soixante ans, Souchon n'a toujours pas perdu son âme d'ado. Il est resté ce garçon fragile, qui préfère parler de filles plutôt que de femmes. Il s'est imposé (volontairement ou non) avec 'Allo maman bobo', comme une sorte de symbole du mec pas très viril qui n'a guère plus que sa timidité comme atout. Et le charme opère. Derrière l'image du petit garçon frêle qui découvre la vie, se cache également un homme mûr, qui la connaît, conscient d'être plus proche du point B que du point A. Arrivé à un certain stade, certaines questions ne se posent plus. D'autres s'imposent d'elles-mêmes. Alain Souchon a-t-il seulement un âge ? Qui sait ? En jetant un œil au ciel, lui aussi s'interroge. 'Et en plus si y’a personne' ? A quoi sert tout cet opium si les peuples s'entretuent ?

Réflexions faites, Souchon s'adonne alors à ce qu'il sait faire de mieux. Chanter avec tout le flegme qui le caractérise les choses simples et autres banalités de la vie. Celle qu'il esquisse au fil de l'album est remplie d'amour. Malheureusement, il rime souvent avec impossible. Comme cette fille qui ignore tellement son prétendant qu'il n'ose pas lui parler ('L'île du dédain') ou cet amour de vacances qu'il faut quitter au moment de faire ses bagages ('Lisa'). Portés par la légèreté de quelques accords de guitare puis recouverts par les graves d'une contrebasse, les mots se font doux et amers. "Lisa, on s'écrira… puis on s'écrira pas. Lisa, on s'oubliera… ainsi va la vie, Lisa". Même quand ça semble à nouveau fonctionner, la sentence tombe au beau milieu d'une petite ballade innocente. 'J'aimais mieux quand c'était toi'.

Il faut s'y faire, elle ne reviendra pas. Reste Souchon et cet album empreint d'une profonde mélancolie. "Le sucré de la mélodie, ça vient d'elle". Mieux vaut l'écouter avec que sans. Tant qu'il en est encore temps. Après, ça risque d'être trop dur. Et tout ça, 'à cause d'elle'. La sentence tombe comme la romance. "La vie Théodore" est tristement belle. (samedi 24 octobre 2009)

note       FacebookTwit this Partager

tags des internautes sur : "La vie Théodore"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "La vie Théodore".

notes et commentaires des internautes sur : "La vie Théodore"

Note moyenne :        2 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note ou un commentaire sur "La vie Théodore".

ALAIN SOUCHON La vie Théodore
Lyric › lundi 10 octobre 2005 - 00:10  message privé !
Souchon, nouvelle cuvée. Décidement tournées vers l'avenir et habillées d'arrangements électro, ses nouvelles chansons bercent doucement l'oreille, le coeur et l'esprit. Mais "La vie Théodore" est un album qui s'écoute plusieurs fois avant d'en discerner toute la beauté : à la deuxième écoute, déjà, ça commence à mieux aller.
Note donnée au disque :       
ALAIN SOUCHON La vie Théodore
karry › jeudi 15 septembre 2005 - 19:39  message privé !
... mon auto-radio n'a pas aimé, en effet !
ALAIN SOUCHON La vie Théodore
ptit_boy › mercredi 14 septembre 2005 - 18:09  message privé !
avatar
CD protégé contre la copie ... risque de pas être lu partout ...