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Titres de 1 à 7 enregistrés et mixés au Studio Garage par Dominique Ledudal, assisté de Virgile Hilaire et Vincent Crenne (eux-même assistés par Romain Caillard) ; titres de 8 à 10 enregistrés et mixés au Studio Tricatel par Bertrand Burgalat (instruments) et Peter Von Poehl (guitare).
Nicolas Courret (batterie, percussions), Damien lefevre (basse), Peter Von Poehl (guitare rythmique), Romain Humeau (guitare lead), Bertrand Burgalat (claviers, chœurs, guitare lead sur 2 et 3), Richard Pinhas (guitare sur 1).
Langue d'interprétation : Français
Il existe des disques à la poésie divine, reconnus et adulés, soit. De nombreux chanteurs et chanteuses sont des poètes de par leur propre langage, mais ceci n'est hélas pas réciproque. Un nombre incalculable de poètes s'y sont cassés les dents. Michel Houellebecq, romancier à la sulfureuse réputation, enchaînant polémiques sur polémiques à la moindre publication, se jette à corps perdu dans le bouillon acide de la musique, plongeant sa poésie pour une mise en bière définitive afin de la libérer du format littéraire. Souvent, on a rêvé de la musicalité, de la voix, des mots du poète mis en chanson. Alors quand Bertrand Burgalat se joint à Michel pour l'accompagner dans le gouffre, on sait qu'il y aura une effusion de génie. Et si la musique se calque sur les mots, l'esprit souverain des chansons se fond dans les différentes atmosphères cuivrées de Bertrand. On promène sa silhouette dans les tréfonds de vie névrotique, en vacances sur la côte de l'ennui, où des questions existentielles s'agrippent dans les cavités de l'intellect. Solitaire ou à deux, Houellebecq regarde à la loupe le comportement de ses semblables dans des propos inoubliables. Le pantalon à patte d'eph et la chemise qui moule le corps ingrat d'une nature injuste s'ajustent à la mélodie chalande. Des guitares crachant des riffs nerveux conduisent une voix toute en apesanteur, atone. Des flûtes softs servent un apéro à un moog psalmodiant une litanie sensuelle. Des chabadas de chœurs assis sur des fauteuils ovales sourient à des rythmes volcaniques. Tapissés de couleurs criardes, à la secrète chorégraphie, les mots s'enfoncent progressivement dans les sables mouvants d'une musique délicate. Quand le soleil couchant d'un orgue arbore le seuil d'une easy listening languide, la nonchalance orne alors vers de bouillonnantes guitares fuzz. Grandiloquence câline d'un fabuleux casting (Bertrand Burgalat et ses futurs comparses de l'A.S. Dragon), avant tout servie par des arrangements d'une luxuriance inouïe. Proche des High Llamas pour la spontanéité frivole, et qui sera contaminé par une effluve d'un rock seventies. Houellebeck pointe un décor magnifique pour sa poésie, sans fioriture ni langueur. Une réussite. (dimanche 8 septembre 2002)
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