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Musiques d'OSLO TELESCOPIC.
Postérieurement à ses friches musicales, riches de trois albums originaux, OSLO TELESCOPIC enjoigne DOMINIQUE A dans une fresque vers des paradis oubliés. Voici en un détail exhaustif et surtout imagé cette magnifique représentation.
"Dirty Food" corrobore le sourire du rock anglais dans un fast-food américain.
Sur la chanson "Hit hit hit" le swing s’ensorcelle, valant BJORK et son "It's So Quiet" délirant, où samba et big-bang s'engendrent à merveille.
"Contre jour" joue dans un saloon une satire ironique sur la manipulation des sentiments. Un pianiste et ses musiciens détaillent un blues aux poches trouées, et à contre jour des violons vaporeux soutiennent la voix mélancolique de DOMINIQUE A.
Sous une pluie battante de noirceur et dans une ruelle sombre, le leitmotiv interprété s'insère dans les méninges pour de plus en sortir. Il ne demeure alors que le chant d'une litanie amère qui correspond à du désespoir, " Violente ".
"The Stockholm Syndrome" et son roulement de rythme s'amplifie à mesure, avec des guitares qui vomissent une métallique ligne western.
"eucalyptus" défie des ombres marchant en désespoir de cause, haillons impalpables et miséreux, avec au dessus d'eux des spectres qui tournoient sous les couloirs laissés désert, tout cela dans un tourbillon effréné. Le rite du désir où du rêve ?
"Les yeux de l'amour" se perdent dans le dédale d'un ancien parking vétuste, aux poutres métalliques et à la froideur bétonnée. Quand les paradoxes tels que la solidité et le vide existentiel, la dureté du lieu et la sécheresse orchestrale se rejoignent pour donner un sens immuable vers la splendeur.
"Hvreragerdi" : Dominique A renoue avec sa lo-fi d'antan, il est pris entre des chœurs perdus et une scie musicale et remontre une grâce légère face à ses anciennes cicatrices de "Remué".
"J'enterre la pluie" où les alternatives d'un James Bond aux prises avec un Dick Dale sous anesthésie, gonflé à l'opacité.
Le livre de la jungle s'ouvre sur un foutoir de groove, de sons et dans la parade bigarrée sur la chanson "Un train peut en cacher un autre" .
"Morse" et son code de la dualité, amenant la grandiloquence et la légèreté dans la voix de Dominique A et s'accompagne à une orchestration dépouillée. La sensation d'un abandon dans cette épaisseur, au souffle douillet et à l'envol soyeux.
"lumières du nord" diffuse un flottement précieux de rondeur harmonique (contre-basse). L'aurore boréale discerne alors une ouverture sur un autre monde.
Il faut réécouter les premiers albums de Dominique A pour s'absorber de cette mouvance et y voir ce qui a pu intéresser Oslo Telescopic dans le fruit de cette collaboration. Et ce sont surtout sa lo-fi et ses diverses expérimentations musicales sur la simplicité et sur le change envers un trouble sensitif, les mots et la profondeur donnée. Sans compter sur la voix, toujours envoûtante, puissante dans la décharge émotionnelle.
Une exigence d'effet sur l'affect qui englobe la magnificence de la musique. Il n'y a pas de sons réduits au seul pilori de résonance difficile, et il est possible de conjuguer des antagonismes musicaux pour aboutir à de la beauté. Il faut simplement ce poser la question sur la représentation de la beauté et sa définition personnelle.
La réussite de c'est album c'est le partage du change et l'aboutissement d'une rencontre heureuse, voire élégiaque. (dimanche 6 octobre 2002)
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