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Enregistré en janvier et février 2007 au studio Vandancourt. Prises de son par Philippe Barret. Mixage par Philippe Barret au studio La Rivière. Mastering par Raphaël Jonin pour Dyam.
Olivier Gann (chant, choeurs, guitares, clavier, banjo), François Broudeur (guitare), Hilaire Rama (basse), Cyril Ferragut (batterie), Guirec (harmonica), Gabie (choeurs). Invités : Nérac (chant, guitare, choeurs), Aude Henneville (chant, choeurs).
Après deux albums sur différents labels, Olivier Gann fonde en 2007 sa propre structure de production, Musikalouest, pour son troisième opus. Et ce n'est pas le seul changement sur ce disque. En effet le chanteur livre ici une oeuvre plus personnelle, même si sa voix rappelle toujours un peu celle de Goldman ou de Voulzy, à la production épurée et plus directe. A l'écriture des chansons, on retrouve Olivier lui-même mais également Nérac (comme sur "Instantané") et Véronique Chanat, alors qu'au chant Olivier Gann fait une fois de plus appel à une jeune recrue des rencontres d'Astaffort, Aude Henneville (après Isabelle Furtos sur le disque précédent). Le chanteur a cette fois-ci recours à des arrangements plus blues, lorgnant désormais plus vers la pop que vers la "simple" variété. A ce titre le morceau "La nouvelle chanson française" dénonce tous les écarts et les fautes de gouts de la fameuse "nouvelle scène" française, qui n'a parfois pas grand chose à raconter. On pense à "La soupe" de Xavier Merlet, le message est le même, mais il est dommage qu'Olivier Gann ne s'applique pas tout le temps les critiques qu'il adresse aux autres. Ainsi "40 ans" ou "Les vieilles affaires" sont des exemples typiques du syndrome "nouvelle scène" qui parle de son nombril et de sa petite vie.
Mais Olivier parvient également à offir de très bons moments, loin des pensées toutes prêtes qu'il dénonce, revendiquant son attachement à sa région natale, dont il préfère le calme à l'agitation prétentieuse de la capitale : "Méfiez-vous des nantaises", "A l'Ouest", "En fonction des marées", "Les grandes lignes", autant de titres qui chantent avec bonheur la beauté de Nantes et de la Bretagne. Autre signe distinctif, Olivier parvient à parler d'amour sans tomber dans les clichés et signe avec "A part elle", "Sylvia" ou "Comme si j'étais bien" des chansons d'amour qui n'en sont pas, des morceaux délicats et sensibles, tout comme il évoque une histoire plus douloureuse dans "J'oublie pas".
Avec ce troisième album, Olivier Gann opère le changement dans la continuité. Si son premier album paru chez Columbia et distribué par Sony s'était plutôt bien vendu (15 000 exemplaires), cela n'a pas été suffisant pour le label qui a remercié Olivier. Six ans plus tard le chanteur a mis toutes les cartes de son côté pour faire la musique qui lui plait sans aucune contrainte. Cet album, hétérogène dans sa composition mais malgré tout agréable, serait-il un nouveau début de carrière ? (samedi 5 mai 2007)
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