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Hateful Monday › Half a world away

9 titres - 26:00 min

  • 1/ Prelude to modern disillusion
  • 2/ Carry me home
  • 3/ De facto independant republic
  • 4/ Gate thirty one
  • 5/ Half a world away
  • 6/ Maniac
  • 7/ Those clamors
  • 8/ The goodbye song
  • 9/ 0.5 mg per a day
  • Bonus track + video

extraits audio

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chronique

Styles principaux
metal
punk
rock

Ce quatuor Genèvois est aussi agile et vif qu'il peut être mélodiquement émotionnel. A cela, deux choses se télescopent sans fin :

La première est une vigueur et une rapidité qui provient de la veine stoïque du courant hardcore: conscience politique et « do it yourself » incompressible.
Venant tout droit de cette lignée de francs tireurs, analogue aux cousins glacés D.O.A pour ces tempos très rapides (speedy gonzales avec le feu au pantalon), la gageure intègre de black flag et son éthique stricte : qui correspond en conséquence à cette musique directe, sans fioriture, rigide et vorace.

La seconde est une tension émotionnelle dûe en partie dans l'association entre le discours pessimiste et les mélodies sensitives. Ne me parlez surtout d'emo, là je vous pète les jambes, rien à voir. Il faut saisir les nuances dans l'échiquier underground.
Tout d'abord, ils ne gémissent pas dans l'acrimonie, ne se morfondent pas dans une mosaïque romantique. Ils énumèrent un constat sanglant, lucide, clairvoyant de dix ans de rockband à tracer la route, à observer les gens au creux des yeux. Passeur de témoin singulier qui transforme leurs lyrics en véhémence universelle. Crachant les contours de révolter, avec preuve à l'appui, le tout sous l'égide de la sous-culture.

Un disque transitoire, qui sert d'exutoire sur l'état d'un monde à la dérive et sur sa propre place dans ce monde, au travers de ses engagements, bilan et prises de positions singulières. Un disque de constat qui rassemble l'espoir et une vision pessimiste du monde à travers des angoisses existentielles.
Percutant et perforant nos petits suisses secouent le bulbe, la pulpe au travers d'un nihilisme et d'une voracité qui se conjuguent avec une musique rapide, brute, efficace et mélodique.

Perso, je vois un petit message appuyé pour le groupe Good Riddance dans la chanson « The goodbye song » pour ces paroles politiques qui analysent et critiquent la société mondiale menant jusqu'à l'aliénation, mais bon il se peut que je me plante un ovaire dans la barrière de corail aussi.

On se pose la question de Géronte (« Les fourberies de scapin » de Molière) sur cette reprise de « Maniac » : « Mais qu'allait il faire dans cette galère ? »

Outre l'aspect délirant car au niveau de la vélocité, de la mélodie on imagine l'effet de turbine qu'elle engendre, mais après...C'est un coup de fun ? Plusieurs fois elle (cette chanson) fût fouetter jusqu'au sang, notamment avec le hard rock de Sargant Fury, dans un autre registre les L5 (girlband français) pour le côté vomitif du r&b contemporain, où carrément le trash-death déjanté de Carnival in Coal.
La chanson « Maniac », à l'origine devait illustrer le film éponyme, une série B de William Lustig (« Maniac » et toute la série des « Maniac cop »). Finalement ça ne s'est pas fait et trois ans plus tard la chanson atterri sur la BO du film ingénue "Flashdance", avec un texte modifié pour la circonstance bien entendu.
Néanmoins cette reprise très bien exécutée de fait, fout la patate, est ce un clin d'oeil à une fille ? Aux filles ? Je crois plutôt à un humour corrosif qui surnage tout le long de cet album, une façon de tordre l'aigreur avec de l'autodérision et de la parodie (voir le clip « Per day »).

On ne reprochera rien à ce nouvel opus des helvètes, on retrouve le goût des No Fun At All pour cette aisance à manier le fun et le soutenu, les mélodies cursives punk pop'n'roll de Dead pop club, on connaît ces lieux, on n'est pas perdu, sa ratiboise sévère les enceintes et sa dégage les neurones. Ah si un seul reproche : 26mn et c'est bouclé autant dire pas le temps de se foutre un torticolis, à moins de se le passer en boucle... (vendredi 25 janvier 2008)

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