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Cf "remarques"
James Deano (MC), Diams (MC sur la piste 05), Akro (MC sur la piste 17). Pour le reste, nous n'en savons strictement rien, cf remarques.
Vu que désormais, ce sont des disques promos traçables et verrouillés, en format CD-R et sans information ni livrets, que l'on nous donne, on en sait strictement rien.
Zo. (chroniqueur)
Ces derniers mois, la France se prend d’affection pour la Belgique. D’abord en s’emparant de ses problèmes politiques, quitte à les dramatiser un peu plus. Puis, comme tous les 15 ans, en regardant un Belge devenir le messie de l’Olympique de Marseille. Enfin, en constellant les bacs dédiés au rap français de deux albums délivrés par des sujets de sa majesté Albert II. Les belges semblent avoir la frite dans un pays où il est de coutume de se moquer d’eux mais où l'on rigole de moins en moins avec la police. James Deano, identifié comme "le fils du commissaire", est l’un d’eux. De quoi sonner le glas des blagues belges ?
Deano rappe comme si il avait les flics au cul. Fugitif dénué de toute discrétion, il troque l’uniforme du paternel pour le survet’, le képi pour le bonnet, et impose un flow technique, gras et fourni sur des beats qui le sont tout autant. Deano pose régulièrement vite et souvent bien, mais quasiment toujours de la même manière. Ses placements élastiques, ses appuis de syllabes bien sentis et ses bonnes facultés d’accélération sont portés par la récurrence d’une interprétation burlesque, remplie de backs "gouaillards" et d’intonations de commère. "Le fils du commissaire" ou la rencontre d’une maîtrise de l’art du emceing avec une âme d’acteur, un peu pour le meilleur, beaucoup pour le pire.
Drame d’un album calibré pour le format radio et qui tente un coup de bluff en misant tout sur une seule facette du personnage. Car si James Deano et son registre loufoque ont d’abord leur charme, ils lassent à force d’être pris en récidive de vannes et d’interpellations de street-vaudeville sur quinze titres d’affilée. Les productions du "fils du commissaire" révèlent un peu plus un fond proche de l’insignifiant : La guerre c’est mal, les femmes ça se respecte (surtout les mamans), singer la télé réalité c’est bien, le shit ça use et l’alcool mauvais c’est saoulant. 17 pistes qui n’excèdent que très rarement les trois minutes trente et qui sont bourrées de refrains slogans aux gimmicks simplistes auxquels s’accolent un tracklist fourre-tout. Les productions matraquent, surtout en début d’album, et se caractérisent par leur densité et leurs rythmes souvent chargés. Osmose entre le style de James Deano et les instrumentaux qu’il frappe : de grands gestes amusants et imposants pour mieux brasser du vent. Tout juste quelques titres se montrent efficaces lorsque le MC met en scène un vécu volontairement rendu pathétique mais mâtiné d’humour (‘Ma vie de célibataire’).
Si tout n’est donc pas entièrement mauvais durant les usantes 50 premières minutes de ce disque, il faudra attendre sa toute fin pour voir son interprète sortir de ce corps à la trivialité tellement ininterrompue qu’elle pourrait laisser soupçonner l’émergence d’un syndrome Gilles de la Tourette. Lorsque James Deano "écrit un livre sur l’inactivité, avec 3 chapitres : la glande, la dépression et l’anxiété", il offre enfin le temps de repos qui aurait été salvateur si il était intervenu plus tôt. Et il prend surtout la peine de dévoiler une facette plus mélancolique et plus introspective de sa personnalité. Certes, dans la forme, ‘Loin de la vérité’ est un rap des plus classiques, mais il rassure sur un personnage qui ne semblait jamais pouvoir s’arrêter de faire le clown, façon G.O du Macumba de Djerba (‘les blancs ne savent pas danser’). Pourtant le mal est fait. Le MC a définitivement trop tardé à expérimenter de nouvelles interprétations, qu’il a préféré réserver à la fin de son album, sur les pistes que personne n’écoute sur les bornes dans les rayons, à l’image du ‘son du cosmos’, une très aérienne et spatiale conception de la vie après la mort.
Finalement, James Deano, c'est un peu comme un mec qui déconne tout le temps. Il fait d’abord souvent délirer et ça le rend appréciable. Mais si il n’apprend pas à laisser souffler ses potes, ses blagues finissent par tomber dans l’oreille d’un sourd et seule l’empathie pour son caractère jovial de pile alcaline subsiste. Eh oui, si un ami ne s’oublie jamais, ses carabistouilles peuvent elles finir par passer au dessus de la tête. Alors, l’album de James Deano, sans cesse mis en avant ces dernières semaines, sera probablement oublié dans six bons mois, laissant place au souvenir d’un MC technique, qui en voulant se construire un personnage se sera enfermé dans une caricature. Bref, "le fils du commissaire" est comparable aux blagues belges : à force d’en faire trop, on en retient une sur dix. (vendredi 15 février 2008)
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