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Aurélien Atkins › Au-delà des mots

13 titres - 41:20 min

  • 01/ The beginning
  • 02/ End of theater
  • 03/ Accident
  • 04/ Sealed time
  • 05/ Inconditional
  • 06/ Consumed revolt
  • 07/ Reflection
  • 08/ Brown cloud
  • 09/ Walk with sleep
  • 10/ Lemmings
  • 11/ Aging, changing & dying
  • 12/ Impermanence
  • 13/ The true beginning is now

extraits audio

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enregistrement

Réalisé en home-studio.

line up

Aurélien Atkins (composition, production, mixage, mastering)

remarques

L'album est uniquement disponible en format numérique sur le site de l'artiste. Il contient 13 titres en mp3 encodés en 256kbps, ainsi que la pochette.

chronique

avatarZo. (chroniqueur)

Styles principaux
trip hop
Styles personnels
abstract

Les paroles s’envolent, les écrits restent. Si la voix est souvent orpheline, la musique elle ne l’est jamais. "Au-delà des mots" est un disque qui s’est donc voulu instrumental, histoire de faire fi de cette maxime et balayer toute grammaire pour affirmer que si les partitions sont terre à terre, c’est parce que les notes défient les lois de la gravité. Le but ? Reléguer les mots en marge, narguer l’angoisse de la feuille blanche et montrer que les instruments savent tenir une plume.

Souhaitant donc s’affranchir de tout discours, Aurélien Atkins a doté son premier disque d’une ambiance filmique. En proposant une musique tantôt descriptive, tantôt narrative, il fait finalement de la musique comme d’autres manient une caméra : pour la beauté des images, pour l’autonomie d’une histoire, pour l’empreinte d’une évasion. Car ses titres renferment des mélodies évolutives qui jouent d’une complicité entre harmonie et mélancolie et qui ne se contentent pas d’un fil conducteur sclérosé. Sur chaque chanson, une douce montée en puissance invite à se créer sa propre histoire. En guise de support, le compositeur flirte avec le tragique comme avec le dénouement en proposant des sons affectionnant les nappes profondes, les cordes légères, les violons graves. L’écoute se construit ainsi son propre décor. Ici le sens est à chercher dans les mélodies posées sur des beats (un peu trop) marqués, comme dans ces films où le message n’est pas à chercher dans la réplique mais dans le cadre. "Au-delà des mots" détient cette posture propre à ces longs métrages qui n’ont pas besoin de dialogues ininterrompus pour glorifier la rencontre, le départ et les retrouvailles comme l’immensité de l’introspection ou le vide d’un décor naturel. Autant de sentiments qui balisent la vie comme le vécu, qui donnent une âme aux lieux, aux scènes de tous les jours. Les souvenirs sont des fantômes qui n’ont plus la parole. Alors Aurélien Atkins leur redonne vie en les transformant en songes sonores.

Sur "Au-delà des mots", signification rime donc avec appropriation. Les sens sont loin d’être uniques dans cette atmosphère imprégnée de ce doux ailleurs qui rappelle étrangement celui que fréquente la Lolita de Noir Désir en laissant les anges passer. Ainsi, pas de cuts sauvages, pas de montage épileptique, pas d’effets sonores grandiloquents. Les mots clefs de cet album sont plutôt à chercher du côté du désenchantement, entre les champs lexicaux de la contemplation (plans panoramiques) et de la nostalgie. Les compositions, toutes élégiaques à quelques incursions près, en font un disque homogène, vaporeux comme cet état d’endormissement qui caractérise le passage de l’éveil à celui du rêve. Touchantes, consacrant le vague à l’âme en lui donnant une harmonie, les jolies pistes de ce disque flirtent constamment avec une tristesse sereine.

Et c’est là qu’Aurélien Atkins prend le risque de voir sa démarche se retourner contre lui. Car en voulant gommer les mots, en s’acharnant à distiller un ensemble extrêmement cohérent de mélodies plus mélo’ que mellow, son tracklist effleure la monotonie. Manquant de contre-pieds malgré quelques rares incursions épiques (‘Incoditionnal’), et une fin de disque plus déterminée (‘Lemmings’, ‘Aging, changing & dying’), l’aérien finit par révéler la poussière, à l’image d’un rayon de soleil traversant une pièce depuis trop longtemps inhabitée. Cet opus et son compositeur semblent être prisonniers de leur texture sonore, de souffrir d’une démarche tellement -bien- poussée à son terme qu’elle consacre le paradoxe d’une beauté qui à force de redondance finie par devenir plate. Pourtant, "Au-delà des mots" est un disque à l’âme belle, réalisé par un compositeur talentueux malgré ses quelques lacunes sur le travail des sons (encore un peu trop estampillés du combo nappes profondes/instruments virtuels) et le mixage (particulièrement des beats). Mais en voulant démanteler les lettres avec une musique oscillant entre rêverie amniotique et description cotonneuse, Aurélien Atkins a peut-être trop forcé le trait de sa signature, pour le coup aussi belle que finalement timorée. (dimanche 13 avril 2008)

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