vendredi 30 juillet 2010 | 17 visiteurs connectés en ce moment
Vous êtes ici › Les groupes / artistes › S › Syn- › Manolo on Juliet

"Manolo on Juliet" réunit les artistes SYN (pour une musique exigeante et méditative) et E.5131 (voix et texte labyrinthiques), dont trois textes sont extraits de son recueil "Ailleurs mai pourquoi.do(n)c".
On peut voir "Manolo on Juliet" comme le conte cruel d'une vie ordinaire au travers d'une musique en suspens chargée de nuances. Où comment on sublime la vie dans le mensonge d'un double identitaire. Manolo lutte contre la machine qui renie l'humain, contre la dépossession de ses désirs, pour exister autrement que comme esclave d'une enclave industrielle.
Le personnage central se métamorphose au fil des chansons, revêt d'autres facettes et l'album procède ainsi à plusieurs changement de tableaux, donnant ainsi la possibilité d'orientation, de distance, et de plusieurs angles de vue, voire d'écoute.
La monotonie rappelle le quotidien morne ainsi que cette lâcheté toute contemporaine à obéir pour la promesse d'une meilleure situation matérielle (donc de vie meilleure) grâce à une fabrication d'une image artificielle composée pour l'occasion à chaque instant. La soumission provoque une catharsis d'impact et provoque une forme d'aliénation, qui se forme au travers de sons diffus, organiques, post-indus, mais toujours dans un climat brumeux, chargé de tensions.
On se demande même si à force de se débattre l'homme ne devient pas à son tour une sorte de machine et risque de perdre son âme au travers de ses révoltes qui trouvent une satisfaction dans le stupre. Il y a beaucoup d'interprétations que l'on peut tirer de ce conte car il assimile et rejette les angoisses et les brisures de notre société contemporaine occidentale.
Jeux sur la langue et les mots, jeux de langues sur les mots, à la fois salace et subtil, les textes entrouvrent une perversité face à des corps qui ne jouissent plus, ternis par la dépossession de leur âme, de leur désirs. Le corps est très présent sur ce disque, car pour prendre corps avec les mots le duo a créé une polyphonie de sens via la musique qui sera légère et profonde, mouvante et oppressante.
Je vous ressort cette phrase de Al Jourgensen du groupe Ministry qui apparaît sur le livret : "Don't listen to me, listen to your head". (samedi 6 septembre 2008)
Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Manolo on Juliet".
Note moyenne : 1 vote
Vous devez être membre pour ajouter une note ou un commentaire sur "Manolo on Juliet".