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Mixé par Thierry Bousquet.
Nicolas de Zorzi (tout).
Le spectacle "Double vision" est né de la rencontre entre la chorégraphe Carolyn Carlson et le duo Electronic Shadow, spécialiste de la mise en scène à base d'imagerie numérique et de projections sur la scène et les murs environnants. Nicolas de Zorzi, compositeur issu du monde de l'électronique, s'est vu confier la mise en musique de cette collaboration. Formé aussi bien au contact des musiques de rue (trip-hop, rap) que dans un conservatoire, il a déjà travaillé avec Yutaka Takei et le collectif Sixième Sens à l'élaboration de bandes originales pour la danse contemporaine. Il retrouve ici des artistes qu'il a déjà côtoyés : Electronic Shadow dans le cadre de leur installation "Arbre de lumière" à Tokyo en 2005, et Carolyn Carlson au cours de ses masterclasses à Paris en 2003.
Sur scène "Double vision" doit son nom au miroir qui orne tout le fond de la salle et sur lequel se reflète l'action. Les images projetées par les deux scénographistes enveloppent la danseuse, que ce soit au sol ou son reflet dans les airs, créant ainsi un visuel fantasmagorique où le réel et l'imaginaire s'entremêlent. Les costumes gigantesques de Carolyn Carlson occupent parfois une bonne partie de la scène, forment des vagues ténues sur le sol qui se voit doté d'une peau sur laquelle ondulent les images projetées, renforçant l'impression de continuité entre le réel et son image miroir. A cette double organisation dans l'espace s'ajoute une chronologie en trois temps, puisque le spectacle s'intéresse à trois phases du monde, "le monde que je vois, le monde hérité", "le monde que je fais, le monde fabriqué" et "le monde que j'imagine".
Sur disque la musique de Nicolas de Zorzi s'adapte aux deux directions qui lui sont indiquées par le spectacle : tout d'abord le thème du double et du miroir, mais également la progression temporelle de l'appropriation du monde. La bande-son est constituée d'une suite de tableaux électro-ambiants, où les motifs organiques se mêlent aux machines pour évoquer l'hybridation de l'univers par l'humanité. De la Terre originelle, visible dès le début du temps, l'homme a reçu l'héritage. Puis avec sa technologie il l'a transformée, mécanisée. Etape finale, par son art, il peut l'imaginer à sa guise. Les titres reflètent cette progression avec la présence d'animaux et de phénomènes naturels au début du disque ("Bees", "Volcano", "Winds"); puis l'émergence des civilisations est marquée par l'apparition des villes ("City rise"), de la guerre et des machines ("Warflow", "Photocopier", "Materials", "City lights"); finalement l'esprit reprend le dessus avec "Ethereal" et "Spirituals".
Véritable troisième composante du spectacle après la danse et les images mises en scène, la musique de Nicolas de Zorzi prendrait peut-être plus de sens si elle était proposée avec le reste sous forme de DVD - à l'image de cette critique qui pour parler de la musique s'appuie sur les données visuelles du spectacle, même si l'auditeur ne les retrouvera pas sur disque. Le CD est intéressant, mais laisse l'auditeur sur sa faim, ne lui offrant pas la possibilité de découvrir le sens de certains passages. (jeudi 4 décembre 2008)
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