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Réalisé par Sept & Lartizan. Masterisé par Florent Sabaton au Studio Color Sound le 11 juin 2008 (www.myspace.com/studiomastering). Graphisme par Omen Graphizm (www.omen-graphizm.com).
Sept (Mc), Lartizan (Producteur musical), DJ Banal (Scratches sur la piste 05), DJ Boolchampion (Scratches sur les pistes 03, 06 et 07), DJ Skeezo (Scratches sur les pistes 11 et 15), Faro (Mc invité sur la piste 12), Iris (Mc invité sur la piste 14), Soklak (Mc invité sur la piste 06), Basile (Voix sur la piste 19), Fabrice Maïs (Basse sur les pistes 07 et 13), Le Parasite (Basse sur la piste 14).
rg prod (chroniqueur)
Définition de “lependu.fr” :
Le jeu du pendu est un célèbre jeu de mots dont le but est de deviner un mot ou une expression en proposant des lettres. Mais vous avez droit à un nombre limité d’erreur ! Et chaque nouvelle erreur rapproche de la potence ! Si vous atteignez la limite des erreurs, vous avez perdu. Si vous trouvez le mot avant d’atteindre la limite, vous avez gagné.
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U comme Union.
Union non pas de nature conjugale mais bien au niveau musical, “Le jeu du pendu” est une étroite collaboration entre deux compères. Chose qui se ressent nettement à l’écoute du disque. Juxtaposition entre l’écriture - variée, dense et complexe - du rappeur Sept et l’univers musical - mélodieux et éclectique - tout droit sorti des méandres du cerveau de Lartizan.
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E comme Ecriture.
D’un côté, il y a Sept.
En véritable dictionnaire vivant, il impressionne par ses mots, ses ph(r)ases, qu’elles suivent un schéma complexe (‘Classe A’) ou qu’elles soient simplement efficaces (‘Le retour des crevards’). Sept fait parti de ces gens qui sont dotés de ce qui pourrait être qualifié d’écriture caméléon. Ses écrits - symptomatiques d’un grand malade des mots - semblent fusionner réellement avec les mélodies concoctées par Lartizan. Mieux, ils se plient aux divers rythmes et ambiances (ou est-ce le contraire ? ).
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N comme Nitroglycérine.
Niveau phrasé, le MC ne semble pas non plus être à court d’inspiration, de technique et de folie. Un véritable tube de nitroglycérine. Semblant inoffensif et calme aux premiers abords, Sept fait l’effet d’un uppercut dans l’estomac. Il renverse et défonce tout sur son passage, laissant même l’auditeur complètement groggy sur certains morceaux (‘Classe A’, ‘Tu tues’). Sa voix si particulière n’est pas non plus étrangère à ce déferlement sonore. Les mots prennent encore plus d’ampleur et gagnent en âpreté. Certes, l’ouïe n’en ressort pas indemne et pourtant en redemande sans aucune restriction.
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L comme Lartizan.
De l’autre côté, il y a Lartizan.
La force du “Jeu du pendu” ne résulte pas uniquement de la présence microphonique de Sept - et c’est bien tout l’intérêt aussi de l’album - mais également de l’univers musical du beatmaker qui montre ici l’étendue de son talent. Peu connu du grand public mais qui a déjà à son actif quelques cartouches qui lui ont valu un certain succès d’estime, il est aussi le directeur artistique du label sortant le disque, ce qui démontre une implication totale. Des idées plein les bras, il s’affranchit pourtant seulement de son vrai premier projet élaboré sur le plan musical de A à Z.
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D comme Direction.
Puisant dans tous sortes de samples, Lartizan varie les productions musicales à tel point qu’il en découle non pas un bloc musical indigeste partant dans tous les sens, mais bel et bien une musique continue et homogène. Cela donne l’occasion à Sept, de manière convaincante, d’explorer différents sujets aussi divers que l’ego trip (‘Le retour des crevards’, ‘Système métrique’), des moments introspectifs (‘Lame soeur’, ‘Memento mori’), de cynisme (‘Tu tues’), de misère sociale (‘Diogène’)... Sept s’en donne donc à coeur joie et rappe comme si c’était la première et dernière fois qu’il (se) tenait (devant) un micro, avec entrain, force et conviction.
.L.E. ._.E.U. .D.U. ._.E.N.D.U.
P comme Participation.
Notre binôme, pour diversifier le fruit de leur travail commun, a convié deux types de participants : des rappeurs et des DJ.
Ces derniers, que ce soit DJ Banal, DJ Boolchampion et DJ Skeezo, sont pleinement d’attaque et efficaces, à l’image de l’intro des ‘Seigneurs de l’underground’, hommage français au rap américain à la fois drôlement décalé et extrêmement juste. Ou encore sur le morceau ‘Tu tues’ dont le DJ, tel un félin, griffe l’instrumentale de scratches, donnant encore plus de vitalité et de mordant (si besoin est).
Les rappeurs invités, quant à eux, n’ont pas à rougir de leur prestation verbale et microphonique, même face à un Sept survolté. Fidèle a lui même et à son image de “parigot”, Soklak déverse son phrasé argotique si particulier (‘Tu tues’). Iris, lui, toujours aussi paisible, est convaincant en tant que gourou dans la secte du ‘Je ne suis pas seul’.
.L.E. ._.E.U. .D.U. .P.E.N.D.U.
J comme Jubilation.
A l’écoute du “Jeu du pendu”, jubilation n’est pas qu’un vain mot, c’est un constat auditif. Entre les productions musicales - véritables compositions mélodieuses - de Lartizan et la plume abondante et débordante de (bons) mots de Sept, l’auditeur ne peut qu’acquiescer et se rendre à l’évidence : “Le jeu du pendu” ne se résume pas qu’à un divertissement de notre tendre enfance, c’est dorénavant un disque, et pas n’importe lequel. Celui d’une collaboration. Celui d’une réussite.
.L.E. .J.E.U. .D.U. .P.E.N.D.U. (lundi 23 février 2009)
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