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Psycho Lemon › Squeeze an orange

cd | 10 titres | 32:00 min

  • 1 Cosmic tomato chew chew
  • 2 The milky way project
  • 3 American gods
  • 4 Flowers for shawn
  • 5 Quite mad in the rain
  • 6 Dark swan
  • 7 The no effect trip
  • 8 Escape number 13
  • 9 Where is your bike, Richard ?
  • 10 1974 moon glasses

chronique

Styles principaux
folk
pop 

L'homme est affalé au comptoir, la ville rose a sortie sa couleur nacrée et la boule topaze est à son zénith. Il quémande un truc tout nouveau mais avec de quoi rassasier le fumet du pastagua dans la gorge. Un truc de plus, avec la soif anisé du remord et de la lente descente dans l'obscurité de l'amertume. Ces lunettes noires cachent son désespoir, cette vie qui mord la poussière par tant de pot de vin versés dans l'urne de sa démission de critique de rock.
Il est devenu quasi aphone et complètement sourd, il écrit comme un automate. Il n'a rien entendu qui le sorte de son marasme, rien qui ne lui donne envie d'avoir envie comme le chante le vieux pantin obsolète. Putain si il arrive à se mettre ce genre de merde dans sa caboche, c'est vraiment qu'il racle la merde séchée des chiottes turque d'un tripot de clodos. Tous ces airs de chansons diarrhéiques qui inondent le marché couvert de la déraison lui foutent la gerbe dans le gosier. Il attend la vague comme un surfer de Biarritz son dilemme, soit celle qui l'amènera au bord de l'extase où alors l'autre qui l'enverra suffoquer son agonie dans le fonds abyssal. Cruel dilemme en attendant la mort.
Son disquaire lui pose le CD «Squeeze an orange » de Psycho Lemon entre ses mains, s'ensuit alors un dialogue qui comptera double au scrabble.
« Ben putain c'est quoi cette merde ?
T'inquiètes pas mon gars, après cela, tu verras renaître en toi la félicité mélancolique de la jouissance angélique.
Hein?????????? »

Il manque de s'étouffer en se raclant le fond du larynx comme si il pouvait faire de même avec ce qu'il venait d'entendre. Il regarde autour de lui et nerveusement son orgueil lui récura les conduits nasaux comme cette poudre acide sniffer hier soir.

"Y sont devenus complètement allumé dans ce rade où quoi??".

Le disquaire a disparu de sa vue et réorganise l'agencement des bacs à vinyle comme l'aiguilleur du sol ses chariots de feux.

Toujours aussi mal à l'aise, il se retrouve alors face à lui même et transpire comme un vieux porc devant une vitrine de sex shop. Il inspire un profond soupir, histoire de ventiler cette fosse à purin qui lui sert de carcasse corporelle. Puis il regarde le disque, de toute façon il n'a jamais pu contrôler quoi que ce soit dans sa foutu existence et encore moins résister à la moindre tentation.
Il se fixe un coin à l'écart et pose le casque sur une partie de ses outils de travail: Wake up!
Un « Mhhhhhhhhhhhhhh, whaou ! » immédiat lui arracha l'esprit de sa torpeur. Après maintes écoutes répétées, il sentait qu'il partait, ailleurs, dans un monde amniotique, un trip céleste. Il quitta les décombres impromptus et déambula hagard et béat, à la fraîche, l'esprit éclairé par une lumière divine. Il se remémora cet instant juste avant de claquer entre les cuisses d'une espagnole dans un club de Manchester avec le refrain des Kinks en signe de Sha lalalala.

A Toulouse, capitale de la castagne et dans son terroir limitrophe, les anglais débarquent, ils viennent baigner leur peau livide dans la couleur saumon de la ville. Ils installent avec eux cette essence typiquement british qui empile le maniérisme et la folie déjantée. Rem Austin est descendu de Grande Bretagne et a posé ses valises dans la ville du poète qui azimut ses phrases dans l'embut du jazz. Il avait livré un premier opus « A mouse & john » sensoriel d'acide au limon rempli de peps. Ce nouvel opus, continue le chemin fléché des stigmates volubiles du pop folk anglo-saxon.
La base de sa musique c'est les Beatles, Beach Boy, Kinks, le Floyd époque Syd, High Llamas, Thrills, Divine Comedy, tu remues ce shaker, tu y plantes cette dose de folie absurde et ce raffinement britannique et enfin tu laisses remonter les agrumes pendant la sieste coquine et ensoleillée du sud-ouest. Te voilà immergé par l'osmose paisible de cette musique charmeuse, chatoyante, auréolée de douceur et de saveur psychée. «Squeeze an orange » est un album qui ne requiert que d'un abandon instantané, car sa quiétude provoque une richesse harmonique qui ne se dévoile que dans le calme de la volupté. (mardi 7 avril 2009)

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