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Produit par Wayne Cohen. Enregistré et mixé par Sidh Solanki au studio Shelter Island Sound (New-York) et au studio de Wayne Cohen (New-York), sauf pistes 3, 4 et 9 enregistrées par Benoist Brionne au studio Newdream et Renaud Van Welden au studio Recall. Mastering par J.P Chalbot à La Source Mastering (Paris).
Arnaud Farrel (chant, guitare, basse, claviers), Wayne Cohen (guitare, basse, claviers), Sidh Solanki (guitare, basse, claviers), Julien Rascagnères (basse), Alex Elena (batterie), Loic Gérard (batterie).
S'il était breton au lieu de tourangeau, j'aurais pu dire d'Arnaud Farrel et de son premier album "Lust is the new love" qu'ils ressemblaient à une bouteille de cidre. C'est frais, ça s'avale sans sourciller, ça pétille et c'est bien agréable, mais au bout de quelques gorgées, le besoin de quelque chose de plus consistant pour accompagner se fait sentir (une galette saucisse oeuf par exemple, pour rester dans le ton). Et surtout le lendemain il ne reste pratiquement aucun souvenir de cette boisson.
Pourtant ce disque contient un nombre impressionnant de tubes potentiels. Du premier titre, "Alone", très Nickelback dans l'âme, à "Magnifique" qui défie quiconque de résister à son rythme, en passant par "Radical", "Candy lips" ou "Lust is the new love", tout est là pour faire bouger les têtes et les fessiers. Arnaud Farrel a tout pour devenir le roi des night-clubs new-yorkais, pour une soirée tout du moins. En effet le hic des morceaux sur lesquels on bouge dès la première écoute, et où l'on est capable de chanter en choeur dès la troisième, c'est qu'ils ne passeront pas le cap des dix répétitions. Le CD finit alors inévitablement par prendre la poussière dans un coin, même s'il peut constituer la joie de retrouvailles de courte durée quelques années plus tard, au cours d'une soirée "revival" kitsch.
La faute n'en incombe pas forcément à Arnaud Farrel, qui tient bien son rôle, notamment au chant, où il laisse sa belle voix jouer sur de nombreux registres. C'est du côté des autres participants au disque qu'il faut regarder, à savoir Wayne Cohen et Sidh Solanki. Ces deux producteurs américains sont de vrais professionnels, des industriels de la chanson. Il suffit de consulter la liste des artistes avec qui ils ont travaillé pour comprendre à quel point ils sont imprégnés de toute la culture pop / variété internationale. Pour eux un hit ne s'écrit pas, il se construit, en additionnant certains éléments qui sont sûrs de faire mouche. L'album d'Arnaud Farrel est en quelque sorte la victime de cette recette, avec ses effets sur la voix, ses plans funky à la guitare, ses envols power rock placés à la seconde près, bref tous ses ingrédients qui en font une machine prête à être radiodiffusée, mais qui le datent dans le temps de façon indélébile.
Pour autant, sans la prise en main du jeune artiste par ces deux vieux briscards, l'album d'Arnaud Farrel n'aurait sans doute pas vu le jour. Il est donc difficile de leur jeter totalement la pierre, puisque leur soutien a ainsi parmi le lancement d'une carrière. Espérons simplement que la suite saura s'écarter de la variété américaine trop balisée pour s'aventurer dans d'autres territoires, sans que le chanteur ne se prive de son atout principale : la chaleur de sa voix. (mardi 1 septembre 2009)
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