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Enregistré et mixé au "Fredman Studio", Göteborg, Suède, en Avril 2000. Enregistré et mixé par Fredrik Nordström. Direction musicale : Jean-Baptiste Boitel, assisté de Jean-Jacques Moréac. Musique et arrangements par Misanthrope. Paroles par S.A.S de L'Argilière. Synthés et claviers composés, arrangés et joués par Jean-Baptiste Boitel, assisté de Jean-Jacques Moréac. Masterisé à "Top Master", Paris, le 7 juillet 2000 par André Perriat et Bruno Gruel.
Jean-Jacques Moréac (basse), Jean-Baptiste Boitel (guitare), S.A.S. De L'Argilière (chant), Frantz-Xavier Boscher (guitare), Alexis Phélipot (batterie).
L'édition chroniquée est la version française de l'album. L'édition anglaise comporte les titres suivants : "Eden massacre", "Emperors of nothingness", "Maimed liberty",
"Diabolical lamentations", "Khopirron",
"Androgyne night", "The soul thrower",
"Exiled existence", "Verdun 1917",
"Millionaire passion".
Cette édition anglaise ne dure que 47:10.
Sixième album pour Misanthrope, qui continue à dispenser ses cours aux "forces hypochondres", de plus en plus nombreuses de par le monde. Certaines mauvaises langues diront que Misanthrope avait déjà fait le tour de ce qu'il avait à dire, et que cet album n'est qu'une répétition, présentant un sérieux goût de déjà-vu. Pourtant Misanthrope ne cesse de perfectionner son style, et "Immortel" montre une certaine évolution par rapport à "Libertine Humiliations" (1998).
Plus heavy-metal que death-metal, il s'impose à l'oreille grâce aux nombreuses parties symphoniques dont il est truffé. Pourtant la musique n'a rien perdu de son agressivité. C'est ce savant mélange de death (par le chant et les guitares), de speed (par les claviers et certains riffs) et même de black-metal symphonique qui fait aujourd'hui le style de Misanthrope. Repompe des styles à la mode ou mélange personnel, chacun son opinion, mais en tout cas le résultat est efficace.
"Immortel" est peut-être même le meilleur album de Misanthrope à ce jour, violent, grandiloquent, démesuré et si sûr de lui. Misanthrope en est arrivé à un point où le groupe peut à peu près tout se permettre, et même s'il ne révolutionne pas le style, "Immortel" présente des compositions très intéressantes, torturées et labyrinthiques parfois, beaucoup plus directes à d'autres moments. Ainsi l'intro et le riff de "Khopirron" sont des hommages au speed-metal, par son côté à la fois pêchu et simple. Les claviers se taillent la part du lion sur cet album, beaucoup plus présents qu'auparavant. Là aussi on peut reprocher à Misanthrope de céder aux sirènes de la mode, mais que dire quand les intros au clavier et les nappes utilisées pour soutenir les morceaux sont aussi bien pensées ? Il suffit d'écouter "Eden Massacre" pour se convaincre que cet aspect est totalement intégré au reste de la musique, et avec talent. La voix de S.A.S. De L'Argilière n'a rien perdu de sa puissance, et continue dans son style death mélodique.
L'histoire quant à elle varie assez peu, décrivant comme d'habitude les errances d'Alceste, devenu immortel et nécromancien (depuis l'album "Libertine Humiliations"), mais demeurant spectateur des souffrances d'un monde en pleine destruction. La guerre, l'amour raffiné mais sadique, le désespoir, c'est tout ce que le Misanthrope voit de l'humanité, cette espèce qu'il déteste. Les textes sont superbement travaillés comme à l'accoutumée, et le chant anglais alterne avec le chant en français un titre sur deux.
Ce sixième album est un aboutissement pour Misanthrope. On voit mal comment aller plus loin dans ce style sans refaire un album à l'identique. Synthèse du metal actuel, résumant et surclassant quasiment tout ce qui s'est fait jusqu'à présent dans notre pays, "Immortel" est un véritable bijou de perfectionnement technique. A conseiller à tous les amateurs de metal. (dimanche 15 décembre 2002)
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