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Enregistré au Cutting room (Stockholm, Suède), par Daniel Bergstrand.
Koma (chant), Ben (guitare et choeurs), Charlotte (basse), Etn (batterie). Musiciens additionnels : Orjan (guitares additionnelles), Danne (samples), Maria (choeurs sur "Tout à un détail près"), Rob (choeurs sur "Le rouge et le noir" et "Délicate et saine").
AqME est toujours un groupe que j'ai porté en mon coeur à plus ou moins grande échelle. Il m'est impossible de savoir pourquoi, peut-être car dès le départ, ils montraient une forte volonté de se démarquer de la scène française, en misant sur des vocaux beaucoup plus calmes et ennivrants et des compos nettement moins aggressives que ce qui marchait à l'époque. De plus, au fur et à mesure, le quatuor s'est détaché du collectif Nowhere pour travailler des sons un peu plus personnels, ce qui laissait espérer un tissu d'idées particulier. Le groupe n'a pourtant pas avancé rapidement, je dois dire que mis à part une collaboration sur une compile frenchcore l'année passée, j'en avais plus où moins perdu la trace. Jusqu'au jour où j'apprends que la formation se rend en Suède pour enregistrer son premier album sous l'oeil de Daniel Bergstrand (responsable en autre de Meshuggah, Strapping Young Lad, ou plus récemment du dernier In Flames). Inutile de vous dire que je remets mes gyrophares en marche et j'attends le résultat avec impatience non dissimulée. Mi 2002, le disque est enfin dans les bacs, le disque en valait-il l'attente ? Et bien, après quelques écoutes en dilettante, je fut bien rapidement forcé d'admettre que non. Le problème est que, si au commencement, AqME pouvait apparaître comme un groupe plutôt décalé et original, aujourd'hui le style s'est développé, Pleymo fait la tête des magazines et l'on ne compte plus le nombre de formations offrant un son similaire à celui de ce 'Sombres efforts'. Les compos ont beau être toutes de bonne facture, l'album manque énormément d'originalité et de puissance, doublé en cela par des paroles en français malheureusement complètement inintéressantes, le soufflé AqME retombe bien rapidement. On notera tout de même quelques bonnes idées comme l'excellent final de "Délicate & saine", qui augure de bonnes aventures pour la suite, si tant est que la formation se donne la peine d'évoluer plutôt que de se cantonner aux canons du genre. En attendant, vous pouvez toujours aller voir le groupe sur scène, le spectacle en vaut nettement plus la chandelle. (dimanche 22 décembre 2002)
Membre de la Team Nowhere (qui regroupe aussi Pleymo, Enhancer, Noisy Fate, Eda, Vost et Wunjo), AqME nous propose aujourd'hui leur deuxième album. Comme l'on pouvait s'y attendre de la part d'un membre de cette fine équipe, le style s'oriente vers un neo-metal assez classique, mais qui tend à s'éloigner un peu des poncifs du genre. Ici pas de chant à tendance hip-hop ni de scratcheur, mais une ambiance assez sombre, presque dépressive, bien servie par des mélodies qui, si elles ne se font pas remarquer avec les habituels gros riffs répétitifs et faciles à retenir, tiennent malgré tout très bien leur place. A ce niveau, la fin de "Délicate et saine" est un exemple de destruction et de violence maîtrisée.
Les quatre parisiens qui composent le groupe ont réussi à créer ici des morceaux crédibles, bien orchestrés, et dotés (la plupart du temps) de textes intelligents, traitant par exemple de la différence entre l'être et le paraître ("Superstar"). Des titres comme "Le rouge et le noir" ou "Sainte" montrent bien qu'on est en présence d'un réel talent de composition. Les guitares sont affûtées et tapent juste, la bassiste joue bien son rôle ainsi que le batteur, et ce sont eux qui distillent cette impression glauque de s'être perdu dans les cauchemars d'un dément. Le son et la production, très réussis, sont oppressants au possible, transpercés uniquement de temps à autre par les hurlements de folie du chanteur. Mais à la longue, la construction des morceaux paraît un peu simple, avec les couplets en chant clair et les refrains criés, avec les guitares qui se font lourdes en fond. C'est surtout l'alternance des deux types de chant, sorte de "gimmick" du neo-metal qui est plus que lassante.
Pourtant le groupe a sans nul doute énormément progressé depuis leur premier album "University of nowhere". Les compositions sont moins brouillons, le chant est bien plus attrayant, et le son est généralement plus clair et mieux produit. Au final, AqME se révèle être un groupe largement capable de créer une ambiance sur un album, de faire passer leur message avec brio, mais malgré ces qualités, ils ne se démarquent que peu de la foule de groupes officiant dans le même style, très à la mode. Sûrement plus intéressante sur scène que sur album, leur prestation est décevante, vu le battage médiatique qu'il y a autour du groupe, présent dans tous les magazines musicaux. (dimanche 1 juin 2003)
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