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Chris Joss › Monomaniacs volume 1

cd | 12 titres | 40:05 min

  • 1 We got some part. 1 & 2 [04:11]
  • 2 Optical [03:01]
  • 3 Kali flowers [02:40]
  • 4 Re-Volt [03:25]
  • 5 Ford Mustard Cutter [03:27]
  • 6 Keep on digging [03:22]
  • 7 Mo lovin [03:30]
  • 8 Shafro [03:06]
  • 9 Backbeating [03:03]
  • 10 Highway 75 [03:27]
  • 11 Within [03:25]
  • 12 Jha Mon [03:26]

enregistrement

Enregistré de septembre 2008 à février 2009 à La Rochelle.

line up

Chris Joss (composition et tous les instruments), Alexander von Mehren (vibraphone sur piste 12).

chronique

Styles principaux
funk

Il y a des types comme ça, qui empilent les albums dans l’ombre, au premier abord loin de vos tympans. Pourtant, leur musique traîne régulièrement à droite à gauche, dans les jeux vidéo, à la télévision ou au cinéma, parfois sur des compilations. Elle parvient même à vous attraper l’oreille, mais coincée entre deux images, elle n’est autorisée à le faire que comme ça, en passant, avant de s’en aller comme elle est arrivée, sans commenter son rôle de faire-valoir, qu'elle remplit d'ailleurs admirablement bien. Puis arrive un beau jour où sans crier gare, paf !, elle s’affranchit et vous tombe dessus, seule, de façon éhontée. C'est ce qui arrive à Chris Joss avec son funk endiablé de ce "Monomaniacs volume 1", qui n’est autre que sa sixième réalisation.

Alors pourquoi a-t-il fallu attendre que cinq disques s'écoulent pour que la musique de ce Rochelais fasse écho au-delà des initiés et des images des écrans télé ? Difficile de le dire, car les recettes de l'auteur n'ont semble-t-il pas beaucoup changé. Qualifier "Monomaniacs" d'album de la maturité serait une connerie de journaliste de plus, et croyez-nous on en fait déjà bien assez. Justifier l'engouement (relatif mais tout de même pas anodin) qui l'entoure par un formatage quelconque ne semble pas peser bien lourd dans la balance. Ce serait au contraire faire injure à la qualité de ce disque. Mais alors pourquoi retient-il donc tant l'attention comparé à ses prédécesseurs ? A The French Touch, on n'en sait foutrement rien au final, alors sus aux explications, foutaises, et autres balivernes concernant les à-côtés, et place à la musique !

Car ici, une chose est sûre, le multi-instrumentiste, qui n’utilise l’ordinateur que pour agencer les sons de chaque instrument qu’il touche avec une main radieuse, assène l’idée de groove en empilant les clichés du genre. Il paraît justement que le groove ne se définit pas, mais qu’il se ressent. Ca tombe bien, Chris Joss est là pour ça. Sereines et assurées, vintages à souhait au point de rendre jaloux Tarantino en propulsant Pam Grier sur la piste de danse, ces douze titres connaissent des moments aussi aériens que tourbillonnants. Le vibraphone raffiné se couple à des lignes de basses grasses et ondulantes. Les claviers Hammond, véritable institution sonore à eux tout seuls, excellent d’aisance, appuyant avec dextérité la pédale d'accélérateur pour des envolées endiablées, le bras pendant à la portière. La voiture de Starsky et Hutch devient décapotable et Huggy les bons tuyaux n’a jamais eu autant de monde dans son bar depuis qu’il y fait jouer cette musique. Chris Joss déringardise la moustache de Tom Selleck, rend tout leur éclat aux couleurs des chemises Hawaïennes et illumine les dalles des trottoirs new yorkais sur lesquels Shaft pose ses pas. Dans des ambiances qui s'électrisent sans jamais disjoncter, Monomaniacs distribue du style à tour de bras, aux bons comme aux méchants, et s'offre des incursions psychédéliques. Avec ses morceaux expédiés en maximum trois minutes trente, il fait plus que flirter avec les bandes son de la blaxploitation, s’offre quelques montés funk-rock à coups de wah-wah avant de voguer au gré des sitars au milieu des nuages vaporeux et souriants hérités des hippies. Et toujours en trame de fond, cet art du groove, ce funk débridé qu'aurait pu envier les Beastie Boys si il avait été composé avant leur album instrumental "The in sound from way out" (1996). Et si il se dit justement que le groove est souvent une notion fourre-tout, utilisée à tort et à travers, ceux qui ont du mal à le cerner sont invités à faire entrer ce Monomaniacs volume 1 dans leur dictionnaire musical. (mercredi 30 juin 2010)

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