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Distribué par CBS.
Dès le premier titre "A l'envers", on découvre le style inimitable de Goldman, déjà bien en place en 1981 après les trois albums réalisés avec le groupe Taï Phong de 1975 à 1979. Les guitares électriques et acoustiques se partagent la scène, avec de légères touches de clavier (années 80 obligent). La belle voix de Jean-Jacques Goldman, fragile et tendre, est d'entrée de jeu capable de faire frissonner l'auditeur, même si ses incursions dans les aigus sont parfois un peu trop poussées et ne s'accordent pas complètement à sa voix posée. Les claviers prennent plus d'importance sur "Sans un mot" et la batterie triguée des années 80 donne un côté très rétro, voire même kitsch à ce titre. Pourtant ce morceau est déjà typique de l'écriture de Goldman avec son texte qui parle de jeunesse qui se cherche, perdue parmi les tours des banlieues (celles de Montrouge par exemple, où Goldman a passé son enfance), et qui préfigure le message à la fois désabusé et plein d'espoir d'"Envole moi". "Brouillard" et son intro toute en douceur à la Cat Stevens s'emballe peu à peu par la suite pour nous plaquer une des meilleures rythmiques de cet album. Goldman s'en inspirera d'ailleurs rétrospectivement pour écrire "On ira" (sur l'album "En passant") qui reprend aussi un peu le même thème de la fuite sur la route.
Avec "Pas l'indifférence", Goldman démontre que la guitare n'est pas son seul moyen d'expression et qu'il maîtrise aussi bien le piano, instrument qui lui servira par la suite à composer certains de ses plus beaux titres, et qui déjà ici prend toute son ampleur sur ce morceau émouvant et bien conçu.
C'est ensuite le mythique "Il suffira" qui enfonce le clou et qui hisse Goldman au rang d'idole révolutionnaire. Ce single qui trouvera une seconde jeunesse en live bien des années plus tard (sur l'album "Du New Morning au Zénith" notamment) est certainement le plus marquant de cet album, avec le superbe "Pas l'indifférence". "Le rapt" lui aussi aura droit au même traitement et ressortira au grand jour grâce aux concerts de la Tournée 1998 "En passant". Ce premier album est donc l'occasion de redécouvrir des titres souvent joués en concert, mais dont l'interprétation originale a comme un goût d'inconnu. Ainsi "Le rapt" est plus lent sur album qu'en concert, avec une guitare électrique munie d'un son très primaire, très hargneux pour du Goldman.
L'album s'achève sur "Juste un petit moment" et le piano revient nous saluer dans un style proche des compositions de Michel Berger. Une fin tendre et chaude pour ce premier album très agréable, varié, bourré de talent d'écriture et de promesses à concrétiser. (dimanche 14 décembre 2003)
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